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L'info n°912/05/23

Transport routier

La victoire du courage après un mois de grève


Les chauffeurs demandaient à ce que leurs arriérés de salaire soient payés.

Depuis le 20 mars, des transporteurs routiers Ouzbek et Géorgiens luttaient pour leurs arriérés de salaire. Ils ont finalement gagné ce combat.

David Morelli

Nous avions évoqué dans le numéro précédent de L’Info la situation vécue par la soixantaine de chauffeurs en grève sur l’aire de repos de Gräfenhausen, en Allemagne. Ils avaient en effet refusé de poursuivre leur route tant que leurs arriérés de salaire – quelque 300.000 euros pour l’ensemble des grévistes – ne seraient pas payés. Leur courage a porté ses fruits: après un mois de grève, le transporteur polonais Lukasz Mazur, après de nombreuses tergiversations et pressions parfois violentes, a finalement réglé toutes les créances en souffrance des chauffeurs. Il s’est par ailleurs engagé à ne prendre aucune mesure de rétorsion à leur égard.

«Il a fallu beaucoup de courage aux conducteurs pour rester un mois sur place, déclare Roberto Parrillo, responsable général secteur Transport routier et Logistique CSC-Transcom. La solidarité et le soutien de plusieurs syndicats européens, entre autres pour alerter les autorités et négocier avec l’employeur, mais aussi la médiatisation assez incroyable de cette action de grève et la prise de conscience par les autorités allemandes et polonaises de la gravité de la situation, ont permis cette victoire.» Le Parquet allemand va d’ailleurs ouvrir une enquête et, du côté polonais, des contrôles vont être effectués chez l’employeur. En 2021 et 2022, celui-ci avait déjà fait l’objet de contrôles, avec des amendes et des sanctions de plus de 60.000 euros: non-respect des temps de conduite et de repos, véhicules non réglementaires, chauffeurs n’étant pas en possession des documents nécessaires…

Une victoire ponctuelle

Si Roberto Parrillo se réjouit de cette victoire, il tempère néanmoins son enthousiasme: «On parle ici de soixante conducteurs, mais l’employeur, qui possède trois entreprises concernées par ces contrôles, en emploie un millier. On a réglé un problème grave, mais ponctuel. La situation dans tout le reste de l’Europe reste bien présente, de manière structurelle.»

© CSC Transcom