Le dossier

L'info n°0908/05/2026

Travailleurs vulnérables:

un groupe à risques

en matière d’accidents

du travail

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Le risque d'accident du travail ou de maladie n'est pas identique pour tous les travailleurs: il est plus important chez les travailleurs vulnérables. À l'occasion de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail du 28 avril, focus sur cette catégorie de travailleurs en plein essor du fait de la flexibilisation accrue du marché du travail.

D.Mo.

La sécurité et la santé ne sont pas un jeu!

Bart Vannetelbosch,
secrétaire national de la CSC

Aujourd'hui, près de 500.000 travailleurs sont occupés en tant qu'intérimaires. Il faut y ajouter plus de 600.000 étudiants jobistes, dont 300.000 par le biais de l'intérim. Près de 200.000 travailleurs occupent un flexi-job, un chif­fre qui devrait encore augmenter à la suite des nouvelles mesures gouvernementales. La Belgique compte par ailleurs 250.000 travailleurs freelance.

Dans le même temps, on observe une croissance de l’emploi dans les secteurs précaires, caractérisés par des conditions de travail très flexibles, des relations de travail instables, un niveau de formation moyen faible, une forte proportion de travailleurs issus de l'immigration et des barrières linguistiques. Sans oublier les emplois dispersés et les longues chaînes de sous-traitance dans lesquelles personne n'assume réellement ses responsabilités. Si l’on y ajoute une aug­­­mentation des heures supplémentaires volontaires et du travail de nuit plus flexible et moins coûteux, on obtient un cocktail explosif qui entraîne une hausse des accidents et des problèmes de santé. De plus, les victimes d'accidents du travail et de maladies professionnelles se retrouvent encore trop souvent sans indemnisation ni soutiens adéquats.

Les travailleurs qui ont peu d'ancienneté encourent clairement plus de ris­ques. Les intérimaires, par exemple, sont deux fois plus souvent victimes d'accidents du travail. Les prochains chiffres noirs des statistiques viendront-ils des travailleurs en flexi-job? Chez les 140.000 travailleurs du secteur des titres-services, on observe une net­te augmentation des troubles musculosquelettiques, qui ne sont souvent pas reconnus comme des maladies professionnelles. Dans le secteur de la construction, des accidents du travail graves continuent de se produire, souvent chez des travailleurs non assurés (lire page 6). Et récemment, le gouvernement a décidé de reporter de deux ans l’assurance accidents du travail obligatoire pour les travailleurs des plateformes (à lire dans L’Info n°5). En outre, la plupart des formes de travail flexible sapent le financement de la sécurité sociale. Au final, qui paie les factures pour un travail qui rend malade? Ce sont précisément les victimes elles-mêmes et la société dans son ensemble. Les travailleurs sont ainsi dou­blement pénalisés.

Tous les travailleurs devraient être égaux lorsqu’il est question de protéger leur sécurité et leur santé. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Des droits pour les travailleurs vulnérables


Les travailleurs vulnérables ont droit à la sécurité et à une bonne santé tout au long de leur carrière. Pour garantir cela, la CSC demande de:


  • limiter les formes de contrat temporaires, précaires ou incertaines. Les contrats fixes et stables doivent redevenir la norme;
  • réaliser des analyses de risques et mettre en place des mesures de prévention adaptées aux travailleurs vulnérables;
  • renforcer l’information, la formation et l’accompagnement des travailleurs débutants;
  • faire des travailleurs vulnérables un groupe prioritaire pour le suivi de santé assuré par les médecins du travail et les autres experts en prévention;
  • garantir la reconnaissance complète et l’indemnisation des accidents du travail et des maladies professionnelles;
  • assurer les mêmes droits et la même protection aux travailleurs belges et étrangers;
  • prévoir une réintégration mieux adaptée et éviter toute sanction ou tout licenciement après un accident ou une maladie.


Que faire en cas d’accident du travail?


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