Bart Vannetelbosch,
secrétaire national de la CSC
Aujourd'hui, près de 500.000 travailleurs sont occupés en tant qu'intérimaires. Il faut y ajouter plus de 600.000 étudiants jobistes, dont 300.000 par le biais de l'intérim. Près de 200.000 travailleurs occupent un flexi-job, un chiffre qui devrait encore augmenter à la suite des nouvelles mesures gouvernementales. La Belgique compte par ailleurs 250.000 travailleurs freelance.
Dans le même temps, on observe une croissance de l’emploi dans les secteurs précaires, caractérisés par des conditions de travail très flexibles, des relations de travail instables, un niveau de formation moyen faible, une forte proportion de travailleurs issus de l'immigration et des barrières linguistiques. Sans oublier les emplois dispersés et les longues chaînes de sous-traitance dans lesquelles personne n'assume réellement ses responsabilités. Si l’on y ajoute une augmentation des heures supplémentaires volontaires et du travail de nuit plus flexible et moins coûteux, on obtient un cocktail explosif qui entraîne une hausse des accidents et des problèmes de santé. De plus, les victimes d'accidents du travail et de maladies professionnelles se retrouvent encore trop souvent sans indemnisation ni soutiens adéquats.
Les travailleurs qui ont peu d'ancienneté encourent clairement plus de risques. Les intérimaires, par exemple, sont deux fois plus souvent victimes d'accidents du travail. Les prochains chiffres noirs des statistiques viendront-ils des travailleurs en flexi-job? Chez les 140.000 travailleurs du secteur des titres-services, on observe une nette augmentation des troubles musculosquelettiques, qui ne sont souvent pas reconnus comme des maladies professionnelles. Dans le secteur de la construction, des accidents du travail graves continuent de se produire, souvent chez des travailleurs non assurés (lire page 6). Et récemment, le gouvernement a décidé de reporter de deux ans l’assurance accidents du travail obligatoire pour les travailleurs des plateformes (à lire dans L’Info n°5). En outre, la plupart des formes de travail flexible sapent le financement de la sécurité sociale. Au final, qui paie les factures pour un travail qui rend malade? Ce sont précisément les victimes elles-mêmes et la société dans son ensemble. Les travailleurs sont ainsi doublement pénalisés.
Tous les travailleurs devraient être égaux lorsqu’il est question de protéger leur sécurité et leur santé. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.
Les travailleurs vulnérables ont droit à la sécurité et à une bonne santé tout au long de leur carrière. Pour garantir cela, la CSC demande de:
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