Deux rapports publiés par le Bureau fédéral du Plan mettent en évidence les effets budgétaires et sociaux des mesures relatives aux pensions.
D.Mo.
Les effets pointés par le Bureau fédéral du Plan (BP) sont douloureux et sans équivoque: la réforme entraîne une augmentation des inégalités en matière de pension et du risque de pauvreté. Elle creuse également les écarts de pension pour les nouveaux pensionnés: la pension moyenne des femmes diminue de 2,6%, contre 2,3% pour les hommes. La légère réduction de certaines inégalités ou écarts s’explique par des ajustements à la baisse des pensions des fonctionnaires, c’est-à-dire par un nivellement par le bas. Le rapport montre également que ce sont surtout les pensions les plus basses qui font les frais de cette réforme, avec une baisse d’au moins 7,4% de leur montant, jusqu’à 12,1% à vitesse de croisière.
La technique budgétaire soulève également de nombreuses questions. Le gouvernement se félicite d’une baisse des dépenses de pension de 1,3% d’ici 2070, principalement sur le compte des fonctionnaires et des travailleurs salariés. Ce résultat contraste toutefois fortement avec la baisse des recettes que l’Arizona organise lui-même. Les chiffres de la projection pluriannuelle publiée par le BP en février montrent que le gouvernement ne perdra pas moins de 1,1% du PIB en recettes d’ici 2031.
Ces éléments vont exactement dans le sens de ce que la CSC a dénoncé précédemment au Parlement: l’«harmonisation» mise en place par le gouvernement revient en pratique à couper dans les droits de pension, surtout dans les secteurs publics et privés. Les femmes et les travailleurs qui ont des carrières incomplètes ou précaires paient le prix le plus fort car la réforme impose comme norme une carrière linéaire et à temps plein, avec des définitions plus strictes des années de carrière et une limitation des périodes assimilées. Le BP indique explicitement que cette mesure continue à augmenter les écarts de pension entre les femmes et les hommes.
Le deuxième rapport illustre les effets redistributifs de manière alarmante. D’ici 2029, la pension brute moyenne des nouveaux pensionnés baissera de 2,4% en moyenne (et de 2,6% pour l’ensemble des pensionnés). Le rapport chiffre en outre une augmentation du risque de pauvreté suite à la réforme.
Les conclusions du BP vont dans le même sens que les syndicats concernant les mesures qu’ils dénoncent. Le malus pèse comme un boulet sur les femmes et les travailleurs à temps partiel et ne tient pas compte de la réalité des ménages. La suspension des adaptations au bien-être entraîne une baisse de la pension moyenne et une augmentation du risque de pauvreté pour tous les pensionnés. La limitation des périodes assimilées touche surtout les pensions les plus faibles.
Les femmes et les travailleurs qui ont des carrières incomplètes ou précaires paient le prix le plus fort.
«Les pensions ne sont pas une simple note de bas de page budgétaire, mais un pilier de la paix sociale, de la santé et de la sécurité, affirme la CSC. Le 12 mai, nous descendrons à nouveau dans la rue. Car corriger le tir n'est pas un détail, mais une nécessité politique. Chaque parlementaire qui va pouvoir voter cette réforme porte une responsabilité claire. Un régime de pension socialement équitable doit tenir pleinement compte des besoins en matière de soins et des revers de la vie, protéger contre des pensions inférieures au minimum et offrir des règles claires et prévisibles.»
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