Le Parlement bruxellois a enfin un budget. Mais il s’inscrit dans une austérité abrupte pour les services publics et non-marchands. Pour la CSC, il existe des alternatives à cette austérité aveugle.
D.Mo.
Les services publics, comme les transports en commun, seront affectés par l'austérité.
Le financement du personnel du service public diminue partout, en conséquence du moratoire sur les embauches. Les frais de fonctionnement prévus diminuent de manière plus importante, bien que les moyens globaux prévus pour le social-santé ne semblent pas diminuer. Mais pour la majorité des institutions, ce sont à chaque fois des projets et des missions qui ne seront plus effectués, et du personnel qui se retrouvera dans des équipes de plus en plus réduites. Même les services opérationnels (Bruxelles-Propreté, la Stib…) sont touchés, alors que les besoins de la population ne diminuent pas.
Les moyens d’Actiris sont particulièrement impactés, mais essentiellement répercutés sur ses partenaires, alors que le nombre de demandeurs d’emploi augmente chaque mois. Dans un effort de transparence et de concertation que la CSC salue, le ministre de l’Emploi et de l’Économie a discuté avec les interlocuteurs sociaux des réductions budgétaires envisagées dans les différents programmes. Si certaines sont compréhensibles et pourraient permettre de mieux calibrer les politiques (concernant les réductions pour travailleurs âgés, par exemple), d’autres sont plus inquiétantes pour leurs effets systémiques. Il s’agit particulièrement du financement des ACS (agents contractuels subventionnés), qui s’est au fil du temps aussi installé comme soutien à diverses compétences non-régionales (culture, formation, insertion socio-professionnelle, accueil de la petite enfance, etc.) sur le territoire bruxellois.
La CSC craint qu’en fragilisant le soutien à l’emploi dans ces structures, celles-ci soient obligées de licencier, diminuant par-là leurs missions, entraînant la perte d’autres subsides… jusqu’à la fermeture de certains services. Ce qui serait catastrophique, tant pour la population bruxelloise déjà fragilisée que pour les travailleurs impactés. La CSC regrette le choix politique de concentrer les efforts sur les opérateurs non-marchands, qui offrent accompagnement et projets de formation et d’insertion pour les publics plus éloignés de l’emploi, ceux-là même que la coalition Arizona exclut du chômage. Bruxelles semble donc conforter le choix de l’abandon des demandeurs d’emploi, et abandonner toute possibilité de mener une politique régionale de l’emploi qui tienne compte de la population bruxelloise. Cette orientation a obligé les organisations syndicales et les employeurs du non-marchand à refuser le budget 2026 présenté au Comité de gestion d’Actiris. La CSC espère que ceci permettra de trouver d’autres moyens de faire rentrer le budget d’Actiris dans la dotation prévue par le gouvernement.
Le nombre de demandeurs d’emploi explose, et pourtant, Actiris voit ses moyens impactés.
La CSC est pourtant persuadée que le gouvernement aurait pu rechercher de nouveaux moyens pour financer les besoins bruxellois. Elle rappelle que la Région dispose d’une autonomie sur sa part d’impôt de personnes physiques, sur le précompte immobilier ou sur les héritages. Il s’agit à l’avenir de creuser ces pistes plutôt que celles de nouveaux cadeaux fiscaux aux poches les plus pleines, qui ne font qu’appauvrir la collectivité.
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