Victoire des aides-ménagères en économie sociale
La longue mobilisation des aides-ménagères bruxelloises a payé: les 735 emplois de ce secteur sont sauvés. Une période transitoire est accordée dans le cadre de la fin du cumul des aides sociales et des titres-services.
David Morelli
À Bruxelles, les titres-services représentent plus de 25.000 emplois et plus de 308 millions d’euros de financement public. Si l’économie sociale d’insertion (ESI) n’en capte qu’une part marginale, elle concentre pourtant l’effort là où le secteur marchand échoue: l’insertion professionnelle de publics fragilisés.
L’annonce par le ministre de l’Emploi, Laurent Hublet (Les Engagés), d’exclure les entreprises d’ESI du dispositif des titres-services en Région de Bruxelles-Capitale au 1er janvier 2027 menaçait directement 735 emplois et 13 entreprises d’ESI. Sa décision, prise sans concertation sociale et sur base d’une interprétation restrictive d’un arrêté de 2024, signifiait le licenciement pur et simple de 683 aides-ménagères, majoritairement des femmes peu qualifiées, souvent d’origine extra-européenne, parmi les plus éloignées du marché du travail. À terme, seuls les opérateurs marchands pourraient encore exercer dans le secteur, au détriment de la qualité de l’emploi et de l’objectif régional d’augmentation du taux d’emploi. Quel avenir pour ces travailleuses dans ce contexte?
Après quatre mobilisations des aides-ménagères et un intense travail de concertation de la CSC et de la Fédération bruxelloise des organismes d’insertion socioprofessionnelle, le ministre est revenu sur sa décision. Il permettra en effet aux opérateurs d’économie sociale agissant en titres-services de candidater à l’appel à projets ouvert le 1er juin pour renouveler les mandats pour la période 2027-2031. La CSC se félicite de cette évolution.
Mais cette évolution ne constitue qu’un – salutaire – sursis pour ces travailleuses. Le ministre semble en effet vouloir réaliser une économie de plus de 10% du budget à partir de 2027 sur les aides à l’emploi dans l’EIS. La CSC souhaiterait cependant maintenir le subside tel qu’il existe aujourd’hui afin de garantir la stabilité des emplois. Elle attend une vraie concertation avec le secteur, notamment sur les questions budgétaires. Car d’autres pistes sont envisageables, comme un renforcement du contrôle des agences de titres-services, alors que de nombreux problèmes sont signalés. Ce qui pourrait générer des recettes pour la Région.
La CSC attend également des garanties concrètes sur l'avenir des emplois et de ce dispositif dans lequel les aides-ménagères bénéficient des conditions de travail les plus protectrices du secteur: encadrement renforcé, formation, accompagnement social et stabilité de l’emploi. C’est là le cœur même de l’insertion par le travail.
La CSC attend une vraie concertation avec le secteur pour garantir la stabilité des emplois.
© CSC Alimentation & Services