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L'info n°1112/06/2026

Boucle du Hainaut: très haute tension sur l’avenir

La Boucle du Hainaut est un projet essentiel pour la décarbonation, la réindustrialisation et l'avenir énergétique de la Wallonie et du Hainaut. La CSC soutient ce projet.

Porté par Elia, le projet de la Boucle du Hainaut vise à renforcer le réseau électrique wallon afin de répondre aux besoins croissants en énergie, liés notamment au développement des énergies renouvelables. Avec sa «jumelle» Ventilus en Flandre, la Boucle devra notamment transporter le courant produit par les futures éoliennes du parc offshore Princesse Elisabeth à travers le pays, tout en permettant la fourn­iture d’électricité au tissu industriel hennuyer, comme les centres de données, les parcs de batteries, les stati­ons de recharge de véhicules électri­ques et les zonings d’entrepri­ses. Concrètement, le projet prévoit la construction d’une ligne aérienne de 380.000 volts qui doit relier les 84 kilomètres qui séparent les postes électriques d’Avelgem et Courcelles.

Risques sur l’approvisionnement de l’industrie

La consommation éner­gé­ti­que industrielle en Hainaut, qui représente 43% de la consommation wallonne, est encore dominée à 70% par les énergies fossiles. Une dépendance qui fragilise les entreprises face aux crises énergétiques et freine la transition. Alors que l'électrification du mix énergétique, la décarbonation de l'industrie et le redéploiement industriel vont être des leviers indispensables pour maintenir la compétitivité de la Wallonie et lui permettre d’atteindre les objectifs climatiques, le réseau électrique hennuyer serait saturé en 2030.

Un tel scénario rendrait impossi­ble l’accueil de nouveaux projets industriels et compromettrait des investissements stratégiques planifiés. «Ne pas réaliser la Boucle du Hainaut, c'est hypothéquer l'avenir économique et climatique de toute une région: pas d'attractivité pour les investisseurs, pas de création d’emplois, pas d'électrification industrielle, pas de décarbonation», affirme la CSC avec diverses organisations1 à la lumière des retombées socio-économiques majeures mises en évidence par une étude commanditée par Elia2.

70%

de la consommation énergétique industrielle en Hainaut provient des énergies fossiles.

Un moteur économique et social

Ce projet doit donc garantir un approvisionnement stable dans un con­texte où, d’ici à 2050, la consommation électrique en Wallonie augmentera de 75% à 130% selon les scénarios étudiés. Sans la Boucle, les projets de production d’électricité décarbonée ne pourront pas être raccordés au réseau.

Selon l’étude, l’apport de grandes ca­pacités d’électricité verte grâce au raccordement de 3 GW d’éolien offshore devrait tirer le prix de gros de l’électricité vers le bas.

La Boucle du Hainaut devrait également être créateur d’activité et de valeur ajoutée. L’étude prévoit entre 2500 et 7.000 emplois ETP/an – directs et indirects par an pour les vingt prochaines années et quelque 10,2 milliards d’euros de valeur ajoutée cumulée entre 2030 et 2050 dans le scénario haut d’électrification. «La Boucle du Hainaut est un levier stratégique pour la compétitivité, la durabilité et l’emploi», souligne l’étude.

À l'inverse, précise-t-elle, chaque an­née de retard à partir de 2030 représente entre 63 et 290 millions d'euros perdus et entre 800 et 4.000 emplois (ETP/an) qui ne verront pas le jour. Des entreprises attendent aujourd'hui, concrètement, une assurance de développement des infrastructures éner­­gétiques né­cessaires à leurs raccordements électriques.

La Boucle du Hainaut est un levier stratégique pour la compétitivité, la durabilité et l’emploi.


1. Communiqué de presse cosigné AKT - Canopea - CSC - FGTB – UCM.

2. Consultable sur www.deplasse.com/reference/etude-dimpacts-de-la-boucle-du-hainaut