Depuis des mois, un même discours domine le débat public: il n’y aurait pas d’alternative. Les économies seraient inévitables, les choix du gouvernement nécessaires, toute autre voie irréaliste. Ce mantra, hérité du célèbre “There Is No Alternative” (TINA), prétend clore toute discussion. Mais il faut le dire clairement: cette Tina-là n’est ni neutre, ni évidente, ni juste.
La politique menée aujourd’hui fait toujours le même choix: faire payer la facture à ceux qui vivent de leur travail, à ceux qui ont travaillé toute une vie, à celles et ceux qui dépendent d’une allocation pour vivre dignement. Derrière les mots “réalisme” et “responsabilité” se cachent des décisions qui fragilisent notre sécurité sociale, qui affaiblissent les services publics et qui creusent l’insécurité pour des millions de personnes.
Or, une autre Tina existe: “This Is Not Acceptable” (ceci n’est pas acceptable). Parce que demander encore des sacrifices aux mêmes n’est pas acceptable. Parce qu’une société qui réduit son horizon à l’austérité prépare moins d’avenir, pas plus. Parce que l’on peut faire des choix différents, à condition d’oser regarder au-delà de la logique du couperet et de la réduction aveugle.
Des alternatives crédibles existent. Elles reposent sur un principe simple: la justice. La justice fiscale, où un euro est un euro, qu’il vienne du travail ou du capital. La fin de subsides inutiles qui ne servent ni l’emploi ni l’intérêt collectif. Une contribution équitable de celles et ceux qui ont les épaules les plus larges. Ce ne sont pas des slogans, mais des propositions chiffrées, sérieuses, responsables.
Celles et ceux qui font tourner ce pays chaque jour – sur les chantiers, dans les soins, à l’école, dans les entreprises et les services publics – méritent de la sécurité et des perspectives. Pas l’incertitude permanente ni le démantèlement silencieux de ce qui nous protège tous. Dire qu’il n’y a pas d’alternative, c’est refuser le débat. Choisir la justice, c’est en ouvrir un vrai.
Marie-Hélène Ska, secrétaire générale
Des alternatives crédibles existent. Elles reposent sur un principe simple: la justice. La justice fiscale, où un euro est un euro, qu’il vienne du travail ou du capital.