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L'info n°1226/06/2026

Les flexi-jobs se substituent progressivement aux emplois traditionnels

À partir de ce 1er juillet, le système des flexi-jobs sera élargi à l’ensemble des emplois des secteurs privés et publics, sauf là où des accords sectoriels seront conclus. Mais déjà, l’augmentation du nombre d’employeurs recourant exclusivement à des flexi-jobs constitue une évolution inquiétante pour la qualité de l’emploi et la sécurité sociale.


Plus de 25% des flexi-jobistes sont pensionnés, tous secteurs confondus.

Les quotidiens L’Echo et De Tijd ont récemment révélé que près d’une entreprise sur huit ayant recruté des flexi-jobistes en 2025 n’emploie aucun travailleur fixe. Ces nouvelles données de l’Office national de sécurité sociale (ONSS) montrent qu’en l’espace d’un an, le nombre d’employeurs recourant exclusivement aux flexi-jobs a progressé deux fois plus vite que le nombre total d’employeurs utilisant ce dispositif. Les données de la CSC confirment cette tendance. Dans l’Horeca, par exemple, les flexi-jobistes et étudiants représentent l’essentiel de la croissance de l’emploi. La CSC constate également que le nombre de flexi-jobistes pensionnés explose: plus de 25% des flexi-jobistes sont pensionnés, tous secteurs con­fondus. Et ce pourcentage continue d’augmenter, surtout depuis que le système s’étend à tous les secteurs.

Éviction progressive de l’emploi de qualité

Certaines entreprises fonctionnent désormais presque exclusivement grâce aux flexi-jobistes. Cette évolution est préoccupante et témoigne d’une tendance à la précarisation du marché du travail. La généralisation de ce type d’emploi entraîne également une perte importante de recettes pour la sécurité sociale, les travailleurs qui exercent un flexi-job ne payant ni impôts ni cotisations sociales sur ce revenu complémentaire. Quant aux employeurs, s’ils s’acquittent d’une cotisation patronale spéciale de 28%, ils réalisent parallèlement des économies en réduisant au strict minimum le nombre d'heures rémunérées.

L’Organisation internationale du Travail (OIT) a souligné à plusieurs reprises que l’expansion des flexi-jobs comportait un risque réel d’éviction progressive de l’emploi de qualité. La CSC rappelle en outre que les personnes occupant des emplois plus précaires et disposant de peu d’ancienneté sont généralement davantage exposées aux risques d’accident du travail ou de maladie professionnelle (voir dossier dans L’Info n°9). Les travailleurs intérimaires, par exemple, enregistrent deux fois plus d’accidents du travail que les autres salariés.

La CSC s’oppose fermement à cette évolution, tant pour préserver la qualité de l’emploi que pour garantir le financement de notre sécurité sociale.

Un système à repenser d'urgence

Les flexi-jobs ne constituent plus seulement un complément ponctuel à l’emploi traditionnel. Ils tendent, dans certains secteurs, à s’y substituer progressivement. La CSC s’oppose fermement à cette évolution, tant pour préserver la qualité de l’emploi que pour garantir le financement de notre sécurité sociale.

Pour améliorer les revenus des citoyens, la solution ne consiste pas à rendre moins cher un emploi complémentaire exercé ailleurs plutôt que de permettre aux travailleurs de conserver leur emploi à temps plein auprès de leur propre employeur. Il s’agit ainsi d’un détournement d’une main-d’œuvre qui prive d’opportunités des personnes qui ont justement besoin de ces emplois (lire interview p.4).

Sur le plan fiscal, cette situation est également injuste, puisque la charge fiscale pèse de manière disproportionnée sur les travailleurs fixes. Les autorités encouragent les travailleurs à enchaîner les flexi-jobs jusqu’à l’épuisement, tout en asphyxiant notre marché du travail et en provoquant une hémorragie des recettes publiques. Lorsque la sécurité sociale perd des recettes, c’est finalement l’ensemble de la collectivité qui en supporte le coût.


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