Rise a participé à la réalisation d’une enquête sur la concertation
sociale dans les entreprises wallonnes. Les résultats ont été présentés à l’occasion de ses 30 ans.
L’objectif de cette enquête1 était d’analyser l’état du dialogue social, d’identifier les obstacles et les leviers à ce dialogue, de mettre les résultats en perspective avec ceux d’une enquête menée en 2017 et de cerner les besoins des délégués syndicaux. En voici les principaux enseignements.
Les discussions en lien avec l'environnement en entreprise portent principalement sur la gestion des déchets, la transition énergétique et les achats durables. Les thèmes du bruit et de la pollution sont moins présents qu'en 2017. Concernant la mobilité, les trois thèmes principaux abordés en entreprise sont la mobilité active (vélo, marche, etc.), la voiture électrique et l'accessibilité du lieu de travail. L'approche de la mobilité est davantage pragmatique car il existe des solutions concrètes et mesurables. Le covoiturage est compris comme une solution économique mais difficile à mettre en œuvre.
Il apparaît que sans l’impulsion des délégués, de nombreux sujets liés à l'environnement et à la mobilité risqueraient de rester absents du dialogue social. La prise en compte de l’environnement et de la mobilité dépend en effet encore largement de la motivation des personnes plutôt que de processus structurels établis. Ces thématiques émergent avant tout des préoccupations du terrain, en lien direct avec les conditions de travail et le quotidien des salariés.
Si la législation et l’image de marque restent les deux premiers leviers d’action, l'influence de la politique des entreprises et de la volonté de faire des économies a significativement augmenté en 2025, tandis que la pression syndicale a reculé. La concertation sur l’environnement et la mobilité est donc désormais davantage perçue comme une obligation réglementaire et stratégique que comme le fruit d'une mobilisation syndicale directe. Néanmoins, la pression syndicale reste un facteur clé. L'impact des accidents environnementaux et les enjeux énergétiques liés aux conflits géopolitiques contribuent à l’urgence de prendre en compte ces problématiques dans la gestion des entreprises.
Les principaux obstacles sont le manque d’intérêt des travailleurs, qui considèrent les thématiques environnementales et de mobilité comme moins urgentes que d’autres préoccupations, ainsi que le manque d’engagement de la direction. Pourtant, 85% des délégués jugent l’environnement «important» ou «très important». Ils sont 87% pour la mobilité. Ces données témoignent d'une prise de conscience collective forte des enjeux environnementaux dans le monde du travail.
Les priorités identifiées en 2025 montrent que les délégués syndicaux ciblent des actions concrètes, opérationnelles et directement applicables en entreprise: gestion de l’énergie et des déchets pour l’environnement, aménagement de parkings et promotion des modes de déplacement actifs (dont l’usage a augmenté de 29% à 55,55%).
Un environnement plus sain et une mobilité douce bénéficient aux conditions de travail des salariés.
La prise en compte de la santé comme préoccupation environnementale dans l’entreprise est une évolution récente. En revanche, la mise à l’écart relative de certains thèmes plus complexes ou systémiques, comme la biodiversité ou la relocalisation des activités, met en évidence le besoin d'outils, de formations et d'accompagnement pour élargir le champ d'intervention syndicale en matière d'environnement.
Cette enquête permet de conclure qu’une approche articulant formation, mise en réseau et soutien de l'action syndicale en matière d'environnement et de mobilité au sein de l'entreprise est nécessaire.
Sortir de ses habitudes et tester des alternatives concrètes à la voiture individuelle: marche, vélo, covoiturage, mobilité partagée et transports en commun. Tel est l’objectif de la Semaine de la mobilité qui aura lieu du 16 au 22 septembre 2026. Vous souhaitez y participer en tant que représentant des travailleurs?
Infos pratiques sur semaine.mobilite.wallonie.be
1. L’enquête, réalisée en mai-juin 2025, a recueilli 348 réponses auprès de 273 entreprises wallonnes de plus de 50 travailleurs.