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L'info n°0420/02/2026

TI Automotive:

28 emplois menacés sur le site Wandre

La direction a annoncé en novembre dernier un plan prévoyant la suppression de 28 emplois, dont 25 ouvriers, sur un total de 89 travailleurs. Soit près d’un tiers du personnel. Lors d’un récent conseil d’entreprise, la direction a clôturé la phase 1 de la procédure Renault. Derrière le discours d’«amélioration continue», la CSC dénonce une restructuration lourde aux conséquences humaines majeures.

D. Mo.

Cette restructuration s’inscrit dans un contexte de changement d’actionnariat. En avril 2025, le groupe TI Fluid Systems a été racheté par ABC Technologies, contrôlé par des fonds d’investissement du groupe Apollo. Les suppressions d’emplois à Wandre traduisent une logique de réduction des coûts et de rentabilité financière, typique de ce type d’opérations.

L’objectif affiché de la direction est de maintenir les volumes de production tout en réduisant la main-d’œuvre, notamment par l’automatisation, l’externalisation et une polyvalence accrue. «Concrètement, il s’agit de produire autant avec moins de travailleurs, au prix d’une pression accrue sur le personnel et d’une perte progressive de compétences», regrette René Petit, permanent CSC Metea représentant les ouvriers.


Où est la concertation?

Cette restructuration intervient pourtant sur un site disposant d’un savoir-faire industriel rare et reconnu. L’usine de Wandre travaille exclusivement avec des aciéristes européens, notamment ArcelorMittal en Belgique, afin de garantir une production locale, européenne et intégrée, à forte valeur ajoutée. «Fragiliser ce site, c’est affaiblir une chaîne industrielle ancrée en Europe et renforcer la dépendance à des productions extérieures», souffle René Petit.

Pour Nicolas Cahay, permanent CNE représentant les employés, la procédure Renault est en outre menée de manière contestable. «La direction a annoncé la clôture de la phase d’information-consultation alors que de nombreuses questions restent sans réponse, privant les travailleurs d’une concertation réelle et de la possibilité de proposer des alternatives. Tout indique que la décision est déjà prise, que le calendrier est fixé, et que la direction vise le départ des derniers travailleurs au plus tard en septembre 2026. Où est la concertation? Où est le respect de la loi Renault?»

Fragiliser ce site, c’est affaiblir une chaîne industrielle ancrée en Europe et renforcer la dépendance à des productions extérieures.

Logique financière à court terme

Cette annonce intervient dans un contexte social déjà tendu: après un plan de prépension en 2021, les travailleurs subissent depuis deux ans du chômage économique récurrent. Ils ont déjà largement contribué aux efforts demandés par l’entreprise. «Au-delà des chiffres, ce sont 28 parcours professionnels et autant de familles qui sont directement menacés, déplorent les représentants syndicaux, qui dénoncent également l’approche sociale de la direction: la robotisation y est présentée comme inévitable, le licenciement comme une fatalité et le travailleur comme une simple variable d’ajustement.»

Les organisations syndicales dénoncent une logique financière à court terme qui affaiblit l’emploi et l’outil industriel européen. Elles exigent le respect strict de la procédure légale, une véritable concertation et l’examen sérieux de toutes les alternatives permettant de préserver l’emploi et l’avenir du site.