Bruxelles tient enfin son accord de gouvernement et son casting ministériel (MR-Engagés-PS, Groen-Vooruit-Anders et CD&V en soutien). Mais la patience des Bruxellois n’est pas récompensée par un accord prometteur de jours radieux. S’il contient quelques bonnes intentions, celles-ci sont énoncées de manière très floue et sans connaître les moyens qui y seront alloués.
Plusieurs orientations posent question, comme en matière de sécurité, de formation professionnelle pour les demandeurs d’emploi (que l’on veut rendre obligatoire) ou d’urbanisme (le tapis rouge est déroulé pour les promoteurs).
Les espoirs d’économie des négociateurs reposent surtout sur une opération de redécoupage des compétences et de fusion des institutions publiques. Le tout, paraît-il, sans licenciements. Le moratoire sur les engagements restera cependant d’actualité, y compris en 2026 pour les services directs aux citoyens. Nous craignons des sous-effectifs et une pression sur le personnel, entraînant un manque d’attractivité de la fonction publique.
Des pans entiers de la politique bruxelloise actuelle ne sont pas précisés. La dynamique des acteurs de la rénovation ou la politique d’exemplarité sociale et environnementale en place pour les subsides aux entreprises sont absentes. Sans compter les politiques pilotées par la Cocof ou la Cocom, qui n’ont pas encore d’accord.
Cet accord semble donc une succession de chapitres écrits un peu à la va-vite, sans vision d’ensemble pour Bruxelles. Cela fait craindre de nombreux débats sur sa mise en œuvre au sein du gouvernement. C’est pourquoi, nous insistons pour construire le projet socio-économique en partenariat avec les interlocuteurs sociaux, afin d’ajuster la vision encore floue de ce gouvernement sur l’avenir de Bruxelles. Car, pour nous, une chose est claire: les besoins des Bruxellois ne se sont pas évaporés avec la fumée blanche.
Benoît Dassy, secrétaire régional bruxellois
Nous insistons pour construire le projet socio-économique en partenariat avec les interlocuteurs sociaux, afin d’ajuster la vision encore floue de ce gouvernement sur l’avenir de Bruxelles.