Réparer l'UE Inc... ou la couler
Des centaines de travailleurs européens se sont rassemblés à Bruxelles pour dénoncer le régime UE Inc.
David Morelli
Le 24 septembre dernier, des délégations de travailleurs belges et européens issus de nombreux secteurs se sont données rendez-vous devant le siège du Conseil de l’Union européenne, où les ministres des États membres chargés du marché intérieur, de l'industrie et de l'innovation se réunissaient pour discuter de l’UE Inc./28e régime des sociétés.
Pour les travailleurs et les syndicats, le cadre juridique de ce régime tel qu’il est envisagé est dangereux: il permettrait aux entreprises, sous couvert de simplification administrative, de se soustraire au droit du travail national et aux structures de négociation collective. Concrètement, le projet sur la table permettrait à n'importe qui de créer une entreprise en 48 heures, moyennant le paiement de 100 euros. Quels seraient le droit du travail, la fiscalité ou les droits collectifs applicables aux travailleurs? La Commission européenne, considérant que les réponses à ces questions ne sont pas ses priorités, les renvoie à plus tard… Face à cette menace, les travailleurs venus de France, d’Italie, des Pays-Bas ou encore de Lituanie se sont fait entendre: ils n’accepteront pas une dérégulation du droit des sociétés qui risque d’affaiblir les droits des travailleurs dans toute l’Union et favoriser le dumping social. «Un régime d’entreprise sans aucune référence au droit social, c’est une porte ouverte aux sociétés boîtes aux lettres et à tous les excès possibles. Ce 28e régime, c’est une dérégulation XXL, a affirmé Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC, lors de sa prise de parole. Nous ne voulons pas de ce régime. Ce dont nous avons besoin, partout en Europe, c’est une protection des droits des travailleurs!»
Ce régime est la porte ouverte à tous les excès possibles.
© Donatienne Coppieters