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L'info n°1709/10/2026

Une alternative à l’austérité bruxelloise

À contre-courant du narratif gouvernemental angoissant, un rapport affirme que l’hypothèse d’un scénario grec en Région de Bruxelles-Capitale est «largement farfelue» et que la politique d’austérité envisagée est contre-productive.

David Morelli

Face au récit catastrophiste des gouvernements concernant l’avenir des finances publiques bruxelloises et aux réponses politiques austéritaires qu’il entraine, un rapport publié par l’Institut de socio-économie Athena aborde ce narratif avec recul.

D'où provient le déficit de la région bruxelloise?

Le rapport montre que le déficit de la région se creuse depuis 2016 parce que les dépenses continuent à augmenter plus vite que la croissance économique alors que les recettes stagnent. De plus, la Région souffre d’un sous-financement structurel.

La dette de la Région bruxelloise est-elle insoutenable?

Une dette devient «insoutenable» lorsque le taux d’intérêt moyen sur celle-ci est supérieur au taux de croissance. La Région bruxelloise ne se trouve, selon les chercheurs, actuellement pas dans cette situation, «mais pourrait se retrouver dans un tel scénario dans les prochaines années si la croissance reste faible et que les taux d’intérêt augmentent». Mais, ajoutent-ils, en ne retenant que le scénario le plus pessimiste, le gouvernement bruxellois tend à orienter unilatéralement le débat vers une politique d’austérité. Or, le rapport démontre qu’une stabilisation des charges d’intérêt ne requiert pas nécessairement une réduction du déficit, donc de l'austérité.

La Région bruxelloise risque-t-elle un scénario à la grecque?

Le rapport rappelle que «le scénario grec ne s’explique pas seulement par l’ampleur du déficit budgétaire, mais par des dysfonctionnements des marchés financiers et des erreurs de la BCE à l’époque». Si des ajustements budgétaires sont nécessaires, il serait exagéré de parler d’emballement de la dette. «L’idée selon laquelle la Région serait en situation d’urgence n’est donc pas valide.»

Dans une Région qui cherche à limiter son déficit, nous voulons que le gouvernement se penche sur les pistes de recettes.

Refinancer Bruxelles est possible

Pour les chercheurs d’Athéna, la manière la plus indolore de traiter la situation budgétaire de la Région bruxelloise serait de renforcer la croissance et de réduire les taux d’intérêt à long terme. «Une stratégie qui frapperait l’emploi et les revenus de la population bruxelloise tout en accordant des cadeaux fiscaux aux entreprises sans retour positif pour l’emploi (…) serait pire que mal. La piste la plus constructive consiste à davantage taxer les hauts revenus et patrimoines.» Des pistes fiscales sont proposées, notamment une progressivité des taux sur les droits d’enregistrement en fonction de la valeur du bien et du nombre de biens que le propriétaire possède déjà, instaurer une obligation d’enregistrement de l’ensemble des donations mobilières ou encore inventorier et réduire les niches fiscales.


«La CSC accueille avec intérêt ce rapport,
réagit Benoît Dassy, secrétaire régional bruxellois CSC. Nous contestons les mesures d’austérité qui entraînent souvent des effets sociaux indésirables en cascade. Dans une Région qui cherche à limiter son déficit, nous voulons que le gouvernement se penche sur les pistes de recettes, les chiffre et en tienne compte dans ses débats budgétaires. Aujourd’hui, alors qu’il manque de sous, il fait tout le contraire en promettant des diminutions d’impôt!»





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