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L'info n°1022/05/2026

Namur

Les Seniors restent en résistance

Les Seniors de la CSC se sont réunis dans le cadre de leur Université de Printemps pour partager leurs réflexions sur la sécurité sociale. Françoise Wibrin, leur présidente, revient sur les revendications qui
les animent.

Propos recueillis par David Morelli

Pourquoi avoir choisi le thème de la sécurité sociale?

La sécurité sociale a été le fil rouge de l’année sociale. Lors de l’assemblée des membres en novembre dernier, François Welter (Carhop) a présenté le cadre historique de la sécurité sociale. Ensuite, chaque fédération s’est penchée sur ce thème lors d’une première journée afin de se le réapproprier (fonctionnement, différentes branches, financement…) et de dégager des réflexions et des pistes pour répondre aux menaces actuelles et aux enjeux futurs. La seconde journée a permis notamment de partager la synthèse de leurs travaux.

Que ressort-il de ces journées?

La plupart des seniors se présentent comme des résistants, avec une véritable volonté d'agir. Nos revendi­cations visent principalement la ga­rantie d’un meilleur financement de la sécurité sociale et une répartition plus juste de la fiscalité. Nous constatons en effet que les efforts envisagés dans la réforme des pensions repo­sent beaucoup trop sur les salariés et les fonctionnaires. La fiscalité doit être rééquilibrée, tout le monde n'étant pas touché de la même façon. Nous souhaitons également que l'enveloppe bien-être, supprimée par le gouvernement De Wever, soit réintroduite. Cette enveloppe, gérée par les interlocuteurs sociaux, permettait notamment d’amé­liorer les pensions et les allocations les plus basses.

Nous voulons également que les personnes, souvent des femmes, qui n'ont pas pu avoir des années complètes pour leur pension, parce qu'elles ont dû faire le choix de s'occuper d'enfants ou de parents, ne soient pas pénalisées. Nous sommes d’ailleurs particulièrement attentifs à l’accroissement des inégalités entre femmes et hommes que provoquent les mesures Arizona.

Nous voulons que les personnes, souvent des femmes, qui n'ont pas pu avoir des années complètes pour leur pension, ne soient pas pénalisées.


150 militants CSC Seniors se sont réunis pour réfléchir au présent et à l’avenir de la sécurité sociale.

Est-il plus difficile d'être senior depuis l’avènement
de l’Arizona?

La non-indexation des allocations au- delà de 2.000 euros brut va toucher beaucoup de retraités et d’allocataires sociaux. C’est une mesure injuste prise par un gouvernement qui a l'air de ne pas comprendre les véritables besoins des citoyens. Parmi nos militants, il y a des retraités avec de petites pensions, qui ont des craintes notamment en matière d’accès au logement et/ou aux soins de santé.

Plus largement, nous réclamons une pension décente pour les retraités mais aussi pour ceux qui vont bientôt y arriver et pour la génération qui suit. Nous sommes sensibles à cet aspect intergénérationnel afin de ne pas revendiquer des mesures qui nous seraient favorables au détriment des plus jeunes, déjà mal lotis avec les mesures actuelles.

Quels sont les moyens pour vous faire entendre?

Nous réfléchissons bien entendu à comment et où porter nos revendications. Nous avons par exemple adressé récemment un courrier à tous les parlementaires et membres du gouvernement pour leur exprimer nos craintes et nos attentes face à la montée de la précarité qui découlera de la réforme des pensions. Nous participons également aux actions régionales et aux manifestations nationales. Pour la manifestation du 12 mai, nous avons d’ailleurs adapté la pétition consacrée aux pensions, qui avait rencontré un certain succès lors de la manifestation du 14 octo­bre.


© David Morelli