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L'info n°1022/05/2026

Entreprises de travail adapté

Signal d’alarme des travailleurs des ETA bruxelloises

Les employeurs du secteur des entreprises de travail adapté bruxelloises (CP 327.02) ayant claqué la porte des négociations sectorielles, un préavis de grève a été déposé par les syndicats.

David Morelli


«Mon enveloppe mensuelle pour pay­er les factures est passée de 250 à 380 euros»
, «Je ne prends que des produits blancs, les moins chers, et même comme ça, mon frigo reste vide»… Ces deux voix témoignent des situations difficiles rencontrées par des centai­nes de travailleurs en situation de handicap. Payés au salaire minimum, ils subissent l’inflation de plein fouet et peinent à finir le mois.

La CSC bâtiment – industrie & énergie (CSCBIE), en front commun avec la FGTB, a demandé aux employeurs d’instaurer un chèque-repas secto­riel minimum et d’augmenter les chè­ques-repas existants. Les employ­eurs sont d'accord sur le principe, mais à condition de ne pas le payer de leur poche. Or, c'est la seule marge de pouvoir d’achat autorisée pour les travailleurs en situation de handicap. Les employeurs refusent désormais de négocier, même sur d’autres thématiques, tant que les syndicats ne s'alignent pas sur leur position. «Nous sommes disposés à assumer nos responsabilités et à rechercher des compromis, déclare Luca Baldan, secrétaire fédéral de la CSCBIE. Mais nous ne pouvons accepter que la question du pouvoir d’achat soit reléguée au second plan. Ce serait ignorer la réalité des travailleurs, notamment ceux en situation de handicap, pour qui la pénibilité est une épreuve quotidienne».

Remplir le frigo

Les syndicats appellent les employ­eurs à revenir à la concertation et interpellent aussi la Cocof et le Phare: «les millions d’euros de subsides publics que reçoivent les ETA doivent garantir des conditions de vie dignes, pas financer des structures qui ferment la porte au dialogue quand il s’agit de nourrir leurs propres travailleurs.» Dans ce contexte, le front commun n'a eu d'autre choix que de déposer un préavis de grève. «Le préavis de grève n’est pas une provocation, c’est un signal d’alarme. Les travailleurs ne demandent pas un privilège: ils demandent un frigo qui ne soit plus vide.»

Des actions sont prévues les 29 mai et 15 juin pour tenter de débloquer les négociations.

Nous ne pouvons accepter que la question du pouvoir d’achat soit reléguée au second plan. Ce serait ignorer la réalité des travailleurs, notamment ceux en situation de handicap...


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