Situé à un coin du boulevard Tirou de Charleroi, à l’ombre de l’impressionnante sculpture qui rend sa façade incontournable, le café-restaurant «Notre Maison» a été créé en 1953 et a eu plusieurs histoires.
L’équipe du restaurant Notre Maison.
L'histoire en cours a débuté en 2004 lorsque le Mouvement ouvrier chrétien (Moc), avec la CSC et la Mutualité chrétienne, rouvre le restaurant sous statut de coopérative. Aujourd’hui, Notre Maison est une entreprise d’insertion avec une finalité sociale de remise à l’emploi de personnes éloignées de l’emploi et peu qualifiées. «Notre but, c’est d’être un lieu convivial de restauration et de remettre des personnes à l’emploi, de leur permettre d’avoir une expérience chez nous qui les renforce», explique Adeline Baudson, administratrice déléguée du café-restaurant. «Notre Maison» sert ainsi environ 100 couverts sur le temps de midi et organise régulièrement des soirées-débats et des événements.
La coopérative emploie sept travailleurs sur fonds propres – dont trois ont choisi de prendre des parts de coopérateurs. Ils sont soutenus dans leur travail par les articles 60 mis à disposition par les CPAS de la région. «On accompagne leur remise à flot, leur transition vers un projet professionnel, quel qu’il soit», ajoute Mme Baudson à propos du temps d’encadrement et d’accompagnement, important mais aussi fastidieux. «Plus les années passent, plus les personnes qui passent chez nous semblent cabossées, constate l’administratrice déléguée. Pour ces travailleurs, les difficultés sociales, mais aussi parfois leur méconnaissance des règles du travail, rendent difficile le maintien d’un contrat de travail à temps plein pendant 18 mois. Difficile aussi pour nous d’être certains que nous aurons une équipe au complet chaque matin…».
Le restaurant étant une société, il ne reçoit pas de subsides à l’emploi. «On est vraiment dans un système qui doit trouver son équilibre par son activité économique pure.» Un équilibre délicat dans un secteur économiquement difficile. «On essaie d’avoir un menu très accessible pour que les milieux populaires puissent manger chez nous. Mais les prix sont déjà bas dans les autres restaurants, alors que parallèlement, l’inflation des coûts des marchandises est terrible. L’équilibre à trouver est très difficile.»
Mais malgré les difficultés et les obstacles, Mme Baudson garde la foi en ce projet et, plus largement, en l’économie sociale. «C’est un modèle qui montre qu’on peut faire de l’économique réel, complet, avec d’autres valeurs et d’autres finalités. Et une vraie solidarité.»
Notre but, c’est d’être un lieu convivial de restauration et de remettre des personnes à l’emploi, de leur permettre d’avoir une expérience chez nous qui les renforce
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