75.000 manifestants ont une nouvelle fois exprimé leur rejet des mesures de l’Arizona, notamment en matière de réforme des pensions.
David Morelli
Déguisés en poulets, des militants de la CSC Metea affirmaient avec humour ne pas vouloir se faire plumer.
Réforme du marché du travail, indexation plafonnée, augmentation des coûts de l'énergie… les mesures du gouvernement qui appauvrissent les travailleurs et les mettent en colère sont nombreuses. La réforme des pensions, qui doit encore être votée, faisait également l’unanimité contre elle lors de la manifestation nationale du 12 mai. «Les femmes seront les plus grandes victimes du malus pension parce qu’elles sont nombreuses à avoir dû consacrer une partie de leur carrière à s'occuper des enfants, des familles, des parents malades...», explique Eva, 59 ans, travailleuse dans les titres-services. Avec Jonathan, travailleur dans le secteur des carrières, elle partage le même constat: travailler jusque 67 ans est impensable, vu la pénibilité de leur travail. «Le gouvernement doit réfléchir à l'impact réel de ses mesures sur le terrain», ajoute ce dernier.
L’avenir de la sécurité sociale traversait également les revendications… et les générations. «La multiplication des contrats précaires comme les flexi-jobs et les contrats étudiants mettent à mal la sécurité sociale», affirme Jean-Jacques, 76 ans, présent à la manifestation avec les Seniors CSC, notamment pour exiger des carrières convenables pour les travailleurs. «Il est important que les jeunes soient conscientisés à l'utilité des cotisations sociales, constate Tiziano, Jeune CSC de 18 ans. Cotiser, c'est important pour aider les personnes qui doivent bénéficier aujourd’hui de la sécurité sociale et, plus tard, pour ma pension.»
Les droits sociaux sont démantelés un à un. Mais il est possible de redresser le budget autrement!
«Les droits sociaux sont démantelés un à un, parallèlement aux coupes budgétaires, soi-disant parce qu’il n’y a pas d’autre choix, a dénoncé Ann Vermorgen. Il est possible de redresser le budget, sans que ce soient toujours les travailleurs et les plus vulnérables qui en fassent les frais», a-t-elle affirmé en référence au budget alternatif proposé par les syndicats. Et la présidente de la CSC de conclure: «Nous poursuivrons notre combat social!».
La CSC, au sein du front commun syndical, demande au Parlement de prendre les initiatives nécessaires en la matière pour rétablir l’équilibre budgétaire de l’État. Elle propose trois grandes mesures de justice fiscale et demande dans une pétition que celles-ci soient débattues au Parlement. Si cette pétition atteint les 25.000 signatures, le Parlement fédéral sera légalement tenu de nous écouter.
La solidarité bénéficie à chacun. Appliquons-la dans la déclaration fiscale.
Signez la pétition via lacsc.be/signez-la-petition
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