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L'info n°0420/02/2026

L’Arizona au service des entreprises

La CSC Alimentation et Services a analysé les montants que reçoivent les entreprises de l’Arizona à l’aune des revendications syndicales. Des marges existent pour améliorer le quotidien des travailleurs.

David Morelli

Saut partiel d’index, flexi-jobs, subsides énergétiques aux entreprises, blocage des salaires (à l’exception de ceux de 5.700 CEO)… Les mesures du gouvernement Arizona choient les entreprises. Elles ont et vont gagner beaucoup d’argent. Pourtant, nombre d’entre elles vont continuer à affirmer qu’elles n’ont pas d’argent pour améliorer le quotidien des travailleurs. La population pourrait être amenée à croire ce narratif gouvernemental et patronal du fait qu’elle ne connaît ni la situation financière des entreprises ni les cadeaux que leur octroie le gouvernement.

Le tableau ci-dessous met en lumière une mesure pha­re du gouvernement: la baisse des cotisations patronales pour les entreprises ayant de bas et moyens salaires. Depuis le 1er avril 2025, pour un travailleur payé à moins de 18€ de l’heure, l’entreprise économisera en moyenne 800€ par travailleur grâce à cette mesure, soit 2% de son coût. Par exemple: si vous êtes payé 17€ de l’heure, votre employeur gagne 513€ par an suite à la nouvelle loi. Coût total pour l’État: 1 milliard d’euro.

Les employeurs recevront par ailleurs une déduction fiscale augmentée pour les chèques repas (ils leur coûteront 0,5€ en moins par jour s’ils atteignent les 10€). Ils pourront donc acheter la paix sociale avec l’argent du gouvernement.

Revendications versus coût

Le second tableau permet de comparer l’argent gagné avec le coût de mesures qui améliorent le quotidien des travailleurs.

En comparant les deux tableaux, on voit que ce que reçoivent les employeurs est souvent plus élevé que les avantages qu’ils octroient parfois aux travailleurs.

Si certaines mesures de soutien aux entreprises peuvent être légitimes, il faut qu’elles soient ciblées sur celles en difficultés temporaires et qu’il y ait un contrôle de l’argent utilisé, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Pour les entreprises qui vont bien, comme en témoigne le second tableau, une marge existe donc bel et bien pour négocier des avantages.


(1) Le montant de la réduction de cotisations dépend du salaire.