Depuis plusieurs années, les travailleuses et les travailleurs européens enchaînent les crises. Inflation, hausse du coût de la vie, restructurations, fermetures d’entreprises, précarisation de l’emploi…
Au même moment, un discours inquiétant gagne du terrain. Au nom de la «compétitivité», certains voudraient nous faire croire que les droits sociaux seraient devenus un obstacle au développement économique. Comme si les conventions collectives, le dialogue social ou la représentation des travailleurs constituaient un frein à l’économie européenne.
C’est dans ce contexte que la Commission européenne avance son projet dit «EU Inc.» ou «28e régime», un cadre juridique qui permettrait aux entreprises de fonctionner dans toute l'Union européenne sous un ensemble unique de règles et de contourner certaines règles nationales. Derrière les mots séduisants de simplification administrative se cache en réalité un risque majeur: celui d’ouvrir la porte à une concurrence sociale vers le bas. En quelques clics, il pourrait devenir possible de créer une entreprise dans un pays où les obligations en matière de représentation et de négociation collective sont plus limitées, comme l’Irlande, puis d’exercer ses activités dans toute l’Europe. Nous ne pouvons accepter cette logique de dumping social.
Pour la CSC, il n’est pas acceptable que l’Europe construise son avenir économique en affaiblissant les droits de celles et ceux qui font tourner ses entreprises. Les travailleurs ont besoin d’emplois de qualité, de salaires décents, de sécurité et de perspectives.
L’histoire européenne s’est bâtie sur un équilibre entre progrès économique et progrès social. Remettre en cause cet équilibre serait une erreur lourde de conséquences. Une Europe qui protège moins est une Europe qui affaiblit la confiance de ses citoyens.
C'est pourquoi ce 24 septembre, les syndicats européens ont adressé un message clair aux institutions européennes: assez, c’est assez. La compétitivité ne peut être le prétexte à la dérégulation sociale. L’avenir de l’Europe doit se construire avec les travailleurs, pas contre eux.
Marie-Hélène Ska, secrétaire générale
Pour la CSC, il n’est pas acceptable que l’Europe construise son avenir économique en affaiblissant les droits de celles et ceux qui font tourner ses entreprises.