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Le terrain

L'info n°1511/09/2026

Seneffe

Un parcours de formation ambitieux chez Vandemoortele

L’apprentissage tout au long de la vie est essentiel pour garantir un travail faisable et renforcer la protection sociale. Dans un marché du travail qui a recours de manière accrue aux travailleurs atypiques, le site de Seneffe de l’entreprise Vandemoortele a été le terrain d’un long travail de concertation sociale pour mettre en place un plan de formation ambitieux.

Anh Thuong Huynh (adapt. DMo)

La formation n’est pas un luxe, mais un droit fondamental. Elle permet aux travailleurs de se développer, d’exercer leur métier dans de meilleures conditions et de se préparer aux emplois de demain. D’ailleurs, depuis 2024, chaque travailleur d’une entreprise comptant au moins 20 travailleurs a droit à jusqu’à cinq jours de formation par an. En outre, l'employeur est tenu d'élaborer chaque année un plan de formation en concertation avec le Conseil d'entreprise ou la délégation syndicale pour le 31 mars chaque année.

C’est dans un contexte marqué par le recours massif aux intérimaires, l’absence de diplômes pour une partie du personnel et un renouvellement important des travailleurs que l’entreprise Vandemoortele, qui compte cinq sites en Belgique, a dû repenser en profondeur sa stratégie de formation. Au cœur de cette transformation, le site de Seneffe a été le terrain d’un long travail de concertation sociale.

Cela génère un vrai sentiment de fierté
et de reconnaissance

Omar Adian, délégué CSC depuis 2012, explique les enjeux, les négociations et les enseignements tirés de la mise en place d’un plan de formation ambitieux qui profite à tous les travailleurs.

Propos recueillis par Anh Thuong Huynh

Quelles sont les particularités du site de Seneffe?

C’est un site de production de donuts destinés à l’exportation, ce qui implique une forte pression concurrentielle. La majorité du personnel est ouvrier, avec une proportion importante d’intérimaires. Le turnover est élevé et les pics d’activité fréquents, ce qui rend la gestion des compétences d’autant plus essentielle.

Quels sont les publics concernés par le plan de formation?

Le plan s’adresse d’une part aux ouvriers qui souhaitent évoluer vers une autre fonction. Il vise aussi les ouvriers sans diplôme, pour lesquels nous proposons des formations techniques de base. Nous essayons de donner la priorité aux personnes les plus fragilisées, notamment celles qui risquent de perdre leur emploi. Un point important: les intérimaires bénéficient des mêmes formations que les travailleurs engagés, grâce à une collaboration entre les fonds de formation du secteur Alimento et ceux dédiés aux intérimaires, Travi. Les parcours durent généralement une quinzaine de jours, en centre de compétences. Pour beaucoup, cela génère un vrai sentiment de fierté et de reconnaissance, tant sur le plan carrière que via l’obtention d’une certification. Il faut aussi garder en tête qu’une petite partie du personnel refuse d'être formé.

Comment ce plan de formation a-t-il été négocié?

Le processus a été long. Nous sortions de plusieurs années de blocage. Ensuite, il a fallu une année complète de négociation pour aboutir à un plan proposé par l’employeur. Avant cela, seuls les cadres bénéficiaient réellement de formations structurées. Il est important de continuer à sensibiliser à l’importance de la formation professionnelle. Tout le monde y gagne, et cela renforce la fierté collective.

Le plan s’adresse d’une part aux ouvriers qui souhaitent évoluer vers une autre fonction. Il vise aussi les ouvriers sans diplôme, pour lesquels nous proposons des formations techniques de base.


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