Le dossier

L'info n°1511/09/2026

En marche vers

une meilleure mobilité

Le dossier icon

La Semaine de la Mobilité vise à encourager l’expérimentation, à faire évoluer les habitudes de déplacement et à initier des actions qui s’inscrivent dans la durée, au bénéfice de la qualité de vie et de l’environnement. Pour L’Info, elle est aussi l’occasion de faire le point sur la mobilité au travail.

D. Ernotte, V. Thirifays (adapt. D.Mo.)

Trajets domicile-travail: des trajectoires régionales bien différentes

L’enquête fédérale sur les déplacements domicile-travail 2024-2025 confirme que la Belgique connaît un glissement structurel vers les modes actifs et les transports publics. Mais derrière cette tendance nationale se cachent deux réalités fort différentes pour Bruxelles et la Wallonie.

Depuis vingt ans, les entreprises qui occupent plus de 100 travailleurs en Belgique sont légalement tenues d’envoyer tous les trois ans au SPF Mobilité et Transports un état des lieux des déplacements domicile-travail de leurs travailleurs. Le conseil d’entreprise (CE) est également associé à cette enquête, car il doit remettre son avis sur ce diagnostic.

Cette collecte récurrente d’informations constitue une base de données précieuse et un levier pour améliorer la concertation sociale sur la mobilité des travailleurs, un thème qui impacte à la fois leur qualité de vie et leur portefeuille.

Bruxelles: basculement vers les transports en commun et essor du vélo

Avec seulement 30,4% de travailleurs utilisant la voiture en 2024 (contre 45,1% en 2005), Bruxelles enregistre la baisse la plus spectaculaire du pays. Cette transformation repose sur plusieurs facteurs structurels: densité urbaine, politiques antivoiture, con­gestion chronique et une offre importante en transports publics.

L’usage des transports en commun pour se rendre au travail y atteint des niveaux élevés: 33,1% des déplacements domicile-travail sont effectués en train et 20,9% en métrotrambus. Fait unique: les transports publics dépassent largement les modes privés motorisés (32,4%). Par ailleurs, la progression du vélo est saisissante: de 1,2% en 2005 à 9,4% en 2024.

L’effet combiné des infrastructu­res cyclables et des obligations im­po­­­sées aux employeurs bruxellois (plans de déplacements, parkings vélos, douches, sensibilisation) renforcent cette dynamique. Enfin, Bru­xelles présente le taux de télétravail le plus élevé: 74% des unités d’établissement l’autorisent et 94% des travailleurs y ont accès. 28% des déplacements sont évités grâce à ce mode de travail.

30,4%

seulement des travailleurs utilisent une voiture à Bruxelles.

Wallonie: la voiture reste hégémonique

La Wallonie demeure quant à elle un territoire fortement dépendant de la voiture. En 2024, 82,8% des travailleurs utilisent la voiture pour se rendre au travail, un chiffre qui n’a quasiment pas évolué en 20 ans. Cette dépendance automobile s’explique par diverses conditions structurelles: faible densité de population, distances domicile-travail plus longues, réseau ferroviaire et Tec moins présents, moindre accessibilité aux transports publics pour une majorité d’entreprises ou organisations.

Ainsi, seuls 4,4% des travailleurs wallons utilisent le train et 3,3% le métro, le tram ou le bus.

Même si les proportions restent modestes, la Wallonie progresse sur les modes «doux»: le vélo passe de 1,3% (2005) à 3,3% (2024) et le covoiturage, bien que faible (2,3%), reste légèrement plus développé qu’en Flandre ou à Bruxelles. La marche représente 3% des déplacements, un chiffre relativement stable.

Mobilité: le rôle des politiques régionales et des employeurs

La Région de Bruxelles-Capitale impose aux grands employ­eurs un plan de déplacements d’entreprise, la désignation d’un coordinateur mobilité et elle développe des infrastructures pour le vélo. En Wallonie, si les mesures y sont moins généralisées, on observe également de belles avancées. Par contre, les employeurs wallons mettent en place moins de mesures structurelles.


Le rôle de la concertation sociale en entreprise

Les résultats de l’enquête fédérale sur les déplacements domicile-travail sont abordés dans le cadre de la concertation sociale au sein des entreprises, ce qui permet de nouer un dialogue sur les déplacements domicile-travail et d'encourager les entreprises à adopter des mesures favorisant une mobilité plus durable et plus efficace. Au plan syndical, la mobilité est un enjeu important pour les travailleurs, que ce soit pour l’amélioration de la qualité de vie ou pour l’aspect financier. La participation des travailleurs et de leurs représentants est donc essentielle pour faire évoluer les pratiques.


Consultez l’enquête fédérale sur les déplacements domicile-travail 2024-2025 sur
enquete_mobilite