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L'info n°1511/09/2026

Job+: l’intérim rafle la mise

Pour la CSC Wallonne, pour qui les moyens publics doivent servir à créer de l’emploi durable et de qualité, le nouveau plan d’embauche de la Wallonie constitue un gigantesque effet d’aubaine pour les agences d’intérim, sans impact mesuré sur la création d’emploi.

D.Mo

À la suite de l’exclusion de presque 100.000 demandeurs d’emploi des allocations de chômage, le ministre de l’Emploi wallon, Pierre-Yves Jeholet, a réformé plusieurs aides à l’embauche en un seul dispositif: Job+.

Comment fonctionne Job+?

L’employeur qui engage un jeune demandeur d’emploi, un demandeur d’emploi âgé ou un demandeur d’emploi de longue durée, reçoit un subside de 1.000 euros par mois. En soi, mieux cibler les aides sur les profils les plus éloignés n’est pas une mauvaise idée.

Où se situe le problème?

Les premiers chiffres sont tombés: Job+ est un succès. Pas moins de 3.906 dossiers ont déjà été conclus depuis le 1er juillet. Sur ces 3.906 demandeurs d’emploi, le secteur qui capitalise le plus d’embauches est le secteur de l’intérim. Alors que, selon l’IWEPS, l’intérim pèse pour 1,7% de l’emploi salarié en Wallonie, il va chercher 61.6% des subsides wallons!

La CSC a, depuis le début, averti le gouvernement qu’ouvrir ces subsides aux agences d’intérim était une mauvaise idée. En effet, l’agence d’intérim est considérée comme l’employeur et empoche seule le subside. L’entreprise utilisatrice – celle où est placé le travailleur intérimaire – ne reçoit rien de cette somme. Pire, elle n’est souvent même pas au courant, alors qu’elle rétribue l’agence pour le service de placement.

Là aussi, la CSC wallonne avait insisté pour que l’agence d’intérim doive informer l’entreprise utilisatrice de l’existence de ce subside. Le gouvernement ne nous a pas suivi non plus à ce sujet.

61.6%

Selon l’IWEPS, l’intérim pèse pour 1,7% de l’emploi salarié en Wallonie, il va chercher 61.6% des subsides wallons!

Pour un emploi durable et de qualité

La CSC wallonne se réjouit évidemment que des demandeurs d’emploi puissent retrouver un emploi. Mais, alors qu’elle prône que les moyens publics doivent servir à créer de l’emploi durable et de qualité, cette réforme apparait à ce jour comme un gigantesque effet d’aubaine pour les agences d’intérim, sans impact mesuré sur la création d’emploi.

La CSC wallonne estime que ces fonds publics – près de 330 millions annuellement en vitesse de croisière sont budgétés pour le seul JOB+ – méritent d’être mieux alloués et qu’un ajustement de la mesure dès à présent est indispensable.