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L'info n°1310/07/2026

Wallonie

L'Europe protège l’acier… La Wallonie laissera-t-elle mourir Thy-Marcinelle?

L'entrée en vigueur des nouvelles mesures européennes de protection de la sidérurgie marque un tournant. Après des années de mobilisation syndicale, l'Union européenne reconnaît enfin que l'acier est un secteur stratégique qui doit être protégé face à la concurrence déloyale et à la surcapacité mondiale. Mais cette protection n'aura de sens que si elle s'accompagne d'une véritable politique industrielle.

David Morelli

Or, au même moment, 179 travailleurs de Thy-Marcinelle sont condamnés à perdre leur emploi. Pour la CSC Metea, ce paradoxe est incompréhensible. «Comment accepter qu'au moment où l'Europe décide de défendre sa sidérurgie, la Wallonie laisse disparaître l'un de ses outils industriels les plus stratégiques? Notre combat dépasse largement la défense de 179 emplois, explique Lahoucine Ourhribel, secrétaire général de la CSC Metea. Nous défendons une filière sidérurgique wallonne intégrée, une logique industrielle cohérente et la souveraineté industrielle européenne.» 

Thy-Marcinelle dispose d'un atout majeur: son four électrique, un outil parfaitement en phase avec les objectifs européens de décarbonation. À l'heure où l'Europe appelle à produire davantage d'acier bas carbone, laisser disparaître une telle installation constituerait un non-sens industriel, économique et environnemental. 

Un vrai projet industriel

La CSC Metea ne demande pas de prolonger artificiellement la vie d'un site pour quelques mois. «Nous demandons la construction d’un véritable projet industriel, capable de renforcer la chaîne de valeur sidérurgique wallonne et de répondre aux besoins de l'industrie européenne de demain», développe le secrétaire général. Pour y parvenir, le Gouvernement wallon doit prendre ses responsabilités. Si une solution industrielle crédible existe, il doit préciser les moyens qu'il est prêt à mobiliser: garanties publiques, financement, intervention de Wallonie Entreprendre, soutien énergétique et accompagnement des investissements. Si la sidérurgie est réellement un secteur stratégique, la puissance publique doit devenir un partenaire industriel.» 

Dans ce contexte, les travailleurs attendent également des réponses concrètes et un calendrier clair. Ils veulent savoir quelles solutions seront soutenues, selon quelles modalités et dans quels délais. 

Les travailleurs attendent un avenir

La question s'impose désormais: la Wallonie considère-t-elle encore la sidérurgie comme un secteur stratégique pour son avenir économique? «Aujourd'hui, l'Europe ouvre la voie à la reconquête industrielle. Il serait incompréhensible que, dans le même temps, la Wallonie laisse s'éteindre un outil qui répond précisément aux ambitions européennes. Les travailleurs de Thy-Marcinelle ne demandent pas des discours. Ils demandent une stratégie, des décisions et un avenir», conclut Lahoucine Ourhribel. 

Nous demandons la construction d’un véritable projet industriel, capable de renforcer la chaîne de valeur sidérurgique wallonne et de répondre aux besoins de l'industrie européenne de demain.


© Pierre Rousseau/Belpress.com