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L'info n°1823/10/2026

“Le statut de cohabitant me tue financièrement!”

En juillet dernier, Joëlle, 49 ans, a été exclue du chômage. Vivant avec sa maman et son fils, son statut de cohabitant la place dans une situation financière délicate.

Propos recueillis par David Morelli


«En 2002, après avoir travaillé pendant plus de 10 ans dans une société de titres-services, j’ai décidé de quitter mon emploi à cause de problèmes de dos. Mon corps était au bout de ses forces.»
Armée de son diplôme de travaux de bureau et d’une certification Tosa, Joëlle se lance, à 45 ans, dans la recherche d’un travail dans la préparation de commande. En vain. Si son âge, son unilinguisme et l’absence de permis de conduire ont constitué des obstacles à un engagement, elle reconnait également s’être sentie perdue face au bombardement d’annonces sur les sites d’emploi en ligne.


«J’aurais voulu tenter le CESS,
ajoute-t-elle, mais j’ai rencontré des difficultés personnelles, notamment les difficultés scolaires et de santé de mon fils, que j’élève seule depuis une séparation difficile.» 

Depuis cette séparation, Joëlle cohabite avec sa maman de 80 ans. «On essaye de s'aider mutuellement au niveau financier, mais pour moi ça reste compliqué.» Une situation qui s’est compliquée un peu plus encore depuis l’exclusion du chômage de Joëlle le 1er juillet dernier. Elle émarge aujourd'hui au CPAS et reçoit le revenu d’intégration social (RIS). «Je reçois 613 euros du CPAS. En comptant les allocations familiales et la pension alimentaire, je touche un peu moins de 900 euros par mois. Avec ce RIS au taux cohabitant, je perds un peu plus de 1.200 euros par mois par rapport aux allocations de chômage. Pourtant, mes charges et les dépenses scolaires de mon fils de 11 ans, qu’ il faut aussi habiller et soigner, restent les mêmes. C’est horrible de mettre des gens dans des situations pareilles. Le statut de cohabitant me tue financièrement».

Statut précaire

Depuis le 1er mars 2026, le CPAS a en effet l'obligation de prendre en compte les revenus d'un cercle élargi de proches, parmi lesquels les parents, vivant sous le même toit pour évaluer le droit au RIS. Or le taux du RIS pour une personne cohabitante est nettement plus bas que celui d'une personne isolée ou avec une famille à charge. Dans ce contexte, Joëlle considère qu’elle se trouve désormais en situation de précarité. «Je suis quasi tout le temps dans le rouge. Mon me demande beaucoup de choses que je ne peux pas me permettre de lui offrir ou alors je dois me priver. Il m’arrive de ne pas manger un jour sur deux.» 

Vivre sous un autre statut serait, admet-elle, sans doute moins difficile, mais elle préfère rester avec sa maman octogénaire, pour être présente au cas où il arriverait quelque chose…

Avec ce RIS au taux cohabitant, je perds un peu plus de 1.200 euros par mois par rapport aux allocations de chômage.

Obstacles

Et l'avenir? Joëlle ne l’envisage malheureusement pas de manière très optimiste. «Je vis au jour le jour. La première chose serait de retrouver un travail. Mais mes problèmes privés et la charge psychologique de ma situation constituent actuellement le plus grand obstacle pour trouver un emploi. Finalement, être exclu du chômage ne vous autorise même plus à avoir des problèmes personnels…»