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L'info n°1428/08/2026

Coiffure

Une norme ISO qui pourrait tout changer

La norme ISO relative aux gants de protection contre les produits chimiques dangereux pour les coiffeurs est entrée en vigueur à l'échelle internationale et européenne. Dimitra Penidis, conseillère au service d’études de la CSC bâtiment-industrie & énergie (CSCBIE), présente cette victoire importante de la concertation sociale européenne.

David Morelli


Les nouveaux gants devront arriver en-dessous du coude pour mieux protéger les coiffeurs.


En quoi cette norme constitue-t-elle une avancée syndicale?

C’est l’aboutissement de plus de dix ans d’efforts syndicaux. En 2012, le dialogue social européen de la coiffure avait abouti à un accord-cadre sur la santé-sécurité des travailleurs. En Belgique, cet accord a directement été transposé en convention collective de travail sectorielle, mais la Commission européenne, sous la pression de certains lobbyistes, avait refusé de le transposer en directive européenne.

Malgré une campagne de sensibilisation des syndicats européens et une révision de l’accord-cadre, la Commission n’est pas revenue sur sa décision. Elle a cependant appuyé financièrement un plan d'action pour la mise en œuvre autonome de l’accord santé-sécurité dans la coiffure. Les interlocuteurs sociaux ont donc pu travailler à l’amélioration de la directive sur les produits cosmétiques afin de mieux prendre en compte les risques professionnels liés à leur utilisation par les coiffeurs.Ils ont aussi pu œuvrer en faveur du développement d’une norme qui dé­finit les lignes directri­ces, les spécifications et les exigences en matière de conditions de fabrication pour les gants de protection. La publication de cette norme constitue une avancée importante pour les travailleurs du secteur.


Quels problèmes ces gants vont-ils pouvoir résoudre?

De nombreux coiffeurs développent des infections de la peau à cause d’une exposition constante à l’eau et aux produits cosmétiques utilisés lors des colorations, des permanentes et des shampoings. Sans protection adéquate, ce cocktail provoque, à la longue, des dermatites et de l’eczéma. Avec cette norme ISO, les gants vont devoir respecter un certain nombre de standards en matière de taille, de matériaux, etc. Par exemple, le gant devra au moins arriver en dessous du coude pour éviter que l'eau ne se glisse dans le gant.

Les syndicats ont poussé pour avancer sur ces questions sanitaires et participé, avec les experts, à l’élaboration de ces normes techniques. L’utilisation de gants adé­quats réduira considérablement les risques d’infections cutanées pour les travailleurs. Ce nouveau gant doit cependant encore faire ses preuves sur le terrain. Tout l’enjeu sera de voir comment il sera accueilli par les professionnels du secteur, d’autant que les standards à rencontrer sont nombreux. L'avenir nous dira donc s’il faudra revoir la norme. Cela représente néanmoins un pas de géant dans la bonne direction.

L’utilisation de gants adéquats réduira considérablement les risques d’infections cutanées pour les travailleurs.

Quand les coiffeurs belges auront-ils accès à ces gants?

Ce n'est pas parce que la norme existe que les gants vont être produits. La CSCBIE se démène avec UniEuropa pour chercher des producteurs et distributeurs européens pour ces gants. Nous avons aussi notre rôle à jouer pour promouvoir leur utilisation aux niveaux européen et national, notamment à travers une campagne syndicale européenne santé/sécurité menée sur les réseaux sociaux. Nous réfléchissons aussi à la mise en place d’une action de prévention sectorielle auprès de nos affiliés afin de stimuler la demande pour ces nouveaux gants ISO.

Y a-t-il d’autres troubles sur lesquels vous vous penchez dans ce secteur?

Les troubles musculosquelettiques sont également répandus dans le secteur, sans oublier les problèmes respiratoires tels que l'asthme et la rhinite. Répondre à cette dernière problématique nécessiterait le port de masques pour éviter de respirer les particules nocives contenues dans les aérosols. Mais sur cette question, on se heurte encore à un mur: ce n’est pas très glamour de porter un masque dans les salons de coiffure alors, en attendant, on appuie sur l’amélioration des systèmes d’extraction dans les salons. Le chemin à parcourir pour renforcer la santé-sécurité des travailleurs du secteur reste encore long.


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