De nouvelles règles plus strictes face à l'amiante
Chaque année, dans l’Union européenne, l’amiante cause près de 90.000 décès, et entre 4 et 7,3 millions de travailleurs – notamment dans la construction, la rénovation, les déchets et les services d’incendie – restent exposés. Face à ces risques, il était important et urgent d’établir des normes plus strictes pour mieux les protéger.
Anaëlle Akwesi Mokuba (adapt BJ et DMo)
L’arrêté royal du 30 décembre 2025, qui transpose une directive européenne, marque une avancée majeure: la Belgique adopte désormais des règles parmi les plus strictes d’Europe. Le texte abaisse fortement la valeur limite d’exposition et impose, dès fin 2027, l’utilisation exclusive de la microscopie électronique, bien plus fiable que la microscopie optique. Il renforce aussi la gestion des inventaires amiante, en exigeant des documents complets et réalisés par des experts, afin d’identifier correctement les risques et de garantir des mesures de protection adaptées. Les règles encadrant les «traitements simples» sont également durcies pour limiter toute exposition évitable.
La CSC réclamait ces avancées depuis longtemps. Cet arrêté représente donc une victoire syndicale importante, car il reconnaît enfin la gravité du risque et impose aux employeurs des obligations à la hauteur des dangers encourus par les travailleurs.
«Il existe désormais une législation fédérale renforcée concernant l’exposition à l’amiante, salue Dirk Coninckx de la CSC Bâtiment – Industrie & Énergie (BIE), mais les compétences restent éclatées entre les niveaux fédéral, régional et local. Cela rend une bonne protection contre l’amiante inutilement complexe. Il est urgent de coordonner et d’harmoniser les différentes réglementations et actions.» Ce que la CSC a mis en avant au sein du Conseil supérieur pour la prévention et la protection au travail. «Nous insistons fortement sur la création d’un "forum amiante", réunissant toutes les parties concernées, tant pour l’élaboration que pour la mise en œuvre de la réglementation. Nous ne pouvons pas laisser la sécurité des travailleurs et l’impact sur l’environnement se fragmenter. Il faut une approche cohérente, réaliste et transparente pour tout le monde.»
Nous demandons la création d’un "forum amiante", réunissant toutes les parties concernées.
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