Lédito

L'info n°0506/03/2026

Aidants proches: une solution aussi insuffisante
que temporaire

La Chambre a adopté la proposition de loi visant à apporter une réponse à une lacune majeure de la réforme du chômage: l’absence totale de protection pour les aidants proches. Ces femmes et ces hommes consacrent pourtant une part essentielle de leur vie à accompagner un proche en perte d’autonomie, souvent pour lui permettre simplement de vivre dignement.

Dans la réalité, cet engagement représente des dizaines d’heures de soins chaque semaine, des horaires imprévisibles et des urgences permanentes. Dans ces conditions, exercer un emploi devient impossible. Beaucoup d’aidants proches, déjà fragilisés, risquaient donc d’être exclus du chômage sans alternative.

Le texte adopté constitue une première reconnaissance, mais elle reste limitée. Il prévoit une dispense temporaire de disponibilité sur le marché de l’emploi, pour une durée maximale de douze mois, assortie d’une indemnité portée à 746 euros par mois.

Présenté comme une solution, ce dispositif n’est en réalité qu’un filet de sécurité minimal. Les conditions d’accès sont strictes et les démarches rapides et complexes. Surtout, la mesure est limitée dans le temps, alors que la perte d’autonomie d’un proche s’inscrit souvent dans la durée. Quant au montant accordé, il ne protège nullement contre la précarité et pénalise particulièrement les familles monoparentales, nombreuses parmi les aidants.

Nous regrettons que les avertissements répétés des interlocuteurs sociaux n’aient pas été entendus. Plutôt que de garantir temporairement le droit au chômage en attendant un véritable statut, le gouvernement a choisi une solution administrative complexe et insuffisante.

Il est encore temps de corriger le tir. La reconnaissance pleine et entière des aidants proches doit devenir une priorité politique. Trop de familles sont déjà au bord de l’épuisement: il faut désormais construire une réponse durable, juste et digne.

Marie-Hélène Ska, secrétaire générale

Il est encore temps de corriger le tir. La reconnaissance pleine et entière des aidants proches doit devenir une priorité politique. Il faut désormais construire une réponse durable, juste et digne.