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L'info n°0704/04/2025

Une grève générale, ça pique!

Face à la «déclaration de guerre contre le monde du travail» que constituent les mesures du gouvernement Arizona, les syndicats ont organisé une grève nationale interprofessionnelle le 31 mars dernier.

David Morelli


Eiffage, Bruxelles.

Pour la CSC, la grève est un moyen de rappeler que ce sont les travailleurs qui font tourner le pays. La grève générale du 31 mars a constitué une profonde piqûre de rappel de ce fait, à l’attention du gouvernement Arizona. Cette grève a mobilisé, dans tout le royaume, l’ensemble des secteurs: aéroports, industrie, titres-services, transport, commerce alimentaire, nettoyage, services publics, secteur culturel… Dans les zonings industriels, devant les entreprises et les commerces, de nombreux piquets ont fleuri pour faire reculer les projets de la coalition fédérale qui s’attaquent aux droits des travailleurs. L’appel lancé par la CSC et la FGTB a été bien suivi: à titre d’exemple, la moitié des entreprises couvertes par la CSC bâtiment – industrie & énergie (CSCBIE) étaient à l’arrêt, tandis que 180 piquets de la CSC Alimentation & Services et 158 piquets de la CSC Metea bloquaient les accès tant au Nord qu’au Sud du pays. Un tour des piquets a été effectué par Marie-Hélène Ska pour montrer sa solidarité et son soutien aux grévistes. Les Jeunes CSC ont fait de même.

Inquiétudes et détermination

Dans les piquets, l’inquiétude était palpable chez les travailleurs. Ceux-ci craignent pour leur pouvoir d’achat, pour leur pension qui risque d’être rabotée et pour laquelle ils devront travailler plus longtemps, pour leurs conditions de travail et pour leur santé, physique et financière, alors qu’un malus pension va sanctionner les travailleurs et les travailleuses qui, malgré une longue carrière dans un métier pénible, souhaitent partir à 62 ou 63 ans.

Face à ce catalogue des horreurs qui érode les droits des travailleurs, affaiblit la sécurité sociale et répartit les efforts de manière totalement inéquitable, la détermination et la combativité était elle aussi palpable durant cette mobilisation d’envergure.

Le gouvernement a-t-il entendu cet appel des travailleurs à revoir en profondeur sa copie? Rien n’est moins sûr. De nouvelles actions, qui prendront diverses formes au niveau local, sont prévues le 29 avril prochain. Plus d’informations dans le prochain numéro de L’Info.








«Les changements au niveau du chômage économique constituent un gros problème. Nous avons une activité saisonnière qui varie fort au cours de l’année. Si on n’assimile plus le chômage économique pour le calcul des années de carrière, pour la pension ou pour les régimes de fin de carrière, ça va être très compliqué, voire impossible, d’atteindre le nombre d’années requises. On subit déjà une perte de salaire, et dorénavant, on sera aussi pénalisés au niveau de la pension.»


«C’est impossible de travailler jusqu’à 67 ans dans les métiers de la construction. Chez nous, il y a des travailleurs dans la quarantaine qui sont déjà cassés. On essaye d’adapter le travail et les outils, mais les mesures Arizona vont rendre le travail pénible intenable.»


«Dans mon entreprise, nous travaillons avec des périodes plus chargées que d’autres. Il nous arrive donc de prester des heures supplémentaires. Le projet de l’Arizona d’annualiser le temps de travail ouvre la porte à un contrat variable où on perdrait nos avantages conclus dans les conventions. Les heures supplémentaires ne permettront plus de toucher un sursalaire.»


«À la SNCB, le gouvernement veut mettre en place un service à la carte, c’est-à-dire mettre des trains en fonction du nombre de clients potentiels. Et il veut encore réduire le budget, alors que s’il y a de plus en plus de retards, de problèmes de trains, c’est parce que le budget a déjà été réduit. Si on le réduit encore plus, ça va générer encore plus de problèmes.»


«Désormais, le travail de nuit ne débutera qu’à minuit et non plus à 20h. Cela signifie que le montant de la prime va diminuer. Le dimanche comptera également comme un jour de travail normal, ce qui va entrainer la suppression de cette prime.»