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L'info n°0704/04/2025

650 heures de travail étudiant: une fausse bonne idée

Les Jeunes CSC déplorent l’adoption par les partis du gouvernement Arizona de la loi relevant le niveau maximal de travail étudiant à 650 heures. Ils proposent des alternatives.


Ce 31 mars, les Jeunes CSC se sont mobilisés lors de la grève générale.

Depuis 2019, les étudiants travaillent plus durant l’année scolaire qu’en été, faute de moyens suffisants pour financer leurs études. «Jober n’est pas qu’une expérience professionnelle ou une envie d’argent de poche: c’est une nécessité, constate Nel Van Slijpe, responsable national des Jeunes CSC. Nous comprenons que de nombreux étudiants voient ça comme une opportunité car c’est la seule manière pour eux de s’en sortir financièrement. Cependant, nous critiquons le choix politique du gouvernement Arizona: le premier travail d’un étudiant est d’étudier!».

Les Jeunes CSC constatent qu’une majorité d’étudiantes et d’étudiants sont aujourd’hui obligés de travailler durant toute l’année scolaire pour payer leur kot, leur alimentation et leur facture d’énergie. Émilie, étudiante, témoigne. «J‘étudie à Bruxelles et je suis trois heures par jour dans les transports, faute de moyens pour un kot. Travaillant le samedi, il ne me reste plus qu’une journée pour étudier», déplore-t-elle.

«Plutôt que de s’attaquer aux causes de la précarité étudiante, le gouvernement augmente le risque d’échec en les poussant à travailler toujours plus», commente Nel Van Slijpe.

Des droits justes

Pour les Jeunes CSC, plutôt que de faire travailler les étudiants à moindre coût, l’Arizona devrait lutter contre la précarité étudiante, en instaurant par exemple des repas à 2 euros dans l’enseignement supérieur, ou encore en réduisant les coûts de l’énergie et des loyers des kots.
Les Jeunes CSC revendiquent également des droits justes pour les étudiants jobistes, ceux-ci n’ayant actuellement pas les mêmes droits que leurs collègues en contrat classique: ils ne cotisent pas pour leur pension, n’ont pas droit à des congés payés, n’ont pas les mêmes avantages extra-légaux et n’ouvrent pas de droit au chômage. Cependant, «les employeurs veulent que je fasse tout comme une employée en étant constamment disponible», explique Florentine, une étudiante qui travaille dans l’Horeca.

«Par l’augmentation des heures de travail étudiant, la volonté réelle de ce gouvernement est d’offrir aux entreprises une main-d’œuvre bon marché et flexible. Mais aussi de créer une concurrence pour tirer vers le bas les conditions de travail et les salaires de tous les travailleurs», analyse Nel Van Slijpe.

Alternatives

Dans ce contexte, les Jeunes CSC plaident pour des solutions structurelles avec un statut de travailleur étudiant:

  • la fin de la discrimination salariale pour les étudiants de moins de 21 ans;
  • une augmentation des cotisations patronales pour ouvrir les droits aux allocations de chômage, à la pension et aux vacances;
  • l’élargissement des montants et des conditions pour les bourses d’études.


© Jeunes CSC