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L'info n°0703/04/2026

Cimenterie

Holcim: la transition écologique passe par la formation

L’entreprise belge de ciment et de béton Holcim traverse une transition environnementale majeure. À Obourg, une nouvelle usine s’apprête à produire un ciment entièrement décarboné. Avec ce virage industriel, la formation des travailleurs devient un enjeu central. Luc Coupez, délégué principal CSC Holcim Obourg explique l’importance du plan de formation pour chaque travailleur du site.

 Anh Thuong Huynh (adapt. D. C.)

En quoi consiste le projet Go4Zero?

Go4Zero est le projet stratégique de Holcim visant à produire un ciment totalement décarboné, en li­gne avec les objectifs du Green Deal européen. Il implique la constructi­on d’une nouvelle usine sur le site d’Obourg, pour un investissement de 600 millions d’euros, soutenu par la Région wallonne et par l’Europe. Le site compte environ 200 travailleurs, dont 60% d’ouvriers. Il accueille très peu de stagiaires ou de demandeurs d’emploi en formation car il n’est pas adapté à la formation initiale.


Quelles perspectives cette nouvelle usine ouvre-t-elle pour les travailleurs?

Elles sont très positives. La nouvelle usine apportera des infrastructures modernisées, des procédés innovants et un vaste programme de formation destiné à préparer l’ensemble du personnel du site à y travailler. Ce plan de formation vise à développer les compétences né­ces­saires pour maîtriser les futurs procédés industriels. Par exemple, l’in­stallation de capteurs dans la nou­­velle usine exigera de nouveaux réflexes de surveillance et d’analyse. En plus des formations classiques (bien-être, brevets, BA4-BA5, soft skills), un plan de formation complémentaire spécifique est prévu.


Quelle est l’ampleur de ce programme de formation?

Chaque travailleur bénéficiera de 500 heures de formation réparties sur deux ans (2025-2027). Le programme de formation de 2025 a été consacré aux «soft skills»: compétences sociales pour travailler entre collè­gues et développement de l’em­­pathie, meilleur management des ma­nagers… Le reste (300 heures) sera consacré aux hard skills techniques. Les demandes syndicales ont mis l’accent plutôt sur les formations techniques.

Chaque travailleur bénéficiera de 500 heures de formation réparties sur deux ans (2025-2027).


La nouvelle usine en construction chez Holcim.


Y a-t-il des formations externes ou des immersions prévues?

Oui. Quatre-vingts travailleurs sont partis une semaine en Suisse pour observer des installations déjà opérationnelles. Chaque personne bénéficie d’un plan individuel combinant formations formelles, simulateurs de process, formations par les fournisseurs (sur installations sans et ensuite avec matière première) et accompagnement sur poste.


Une certification est-elle prévue à l’issue du parcours?

Il n’y aura pas de certification officielle, mais un passeport de formation attestera chaque étape. Étant donné la technicité des compétences acquises, ce passeport pourra être valorisé en dehors de l’entreprise.

Quatre-vingts travailleurs sont partis une semaine en Suisse pour observer des installations déjà opérationnelles.

Comment s’est déroulée la négociation de ce plan de formation?

Elle a duré six mois. Les travailleurs ont obtenu plusieurs adaptations, notamment pour les équipes en travail posté ou fixe, afin que les formations soient compatibles avec leurs horaires. Les discussions ont aussi porté sur les avantages et la rémunération: toutes les heures de formation sont valorisées, sans perte d’avantages. Des incitants sont prévus pour les personnes en formation et pour celles qui les remplacent. Ces mesures concernent aussi les employés.


© David Taquin