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L'info n°0703/04/2026

Menaces sur l’index

Les travailleurs ne doivent pas payer une fois de plus la facture.

David Morelli

Des prix qui grimpent, des impôts plus lourds et un index qui, bientôt, ne suivra plus entièrement la hausse du coût de la vie. Pour de nombreuses familles, cela s’ajoute à des mesures qui visent moins de protection sociale, par exemple en matière d’allocations ou de pension. Et voilà que le gouvernement flamand plaide une fois de plus pour un assouplissement des normes d’émission des entreprises, que le Voka1 réclame un saut d'index, et que employeurs souhaitent être exonérés de la «cotisation de modération salariale».


«Alors que les citoyens doivent déjà faire des sacrifi­ces à cause des mesures de l’Arizona, les employeurs réclament encore un saut d’index supplémentaire, ce qui priverait les citoyens de toute sécurité. Or, l’index a démontré son utilité comme facteur de stabilité durant les différentes crises. Même la Banque nationale a dû le reconnaître. Voilà la preuve qu’une bonne protection sociale est essentielle,
déclare Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC. La situation actuelle montre une fois de plus que la meilleure décision que le gouvernement puisse prendre à ce stade, c’est de ne pas appliquer les mesures qu’il avait prévues.»

Suspendre les mesures

Le gouvernement a décidé de réduire la facture des entreprises électro-intensives, mais sans prendre de mesures ciblées et tournées vers l’avenir. Les travailleurs et l’environnement vont en payer le prix. Le gouvernement ferait mieux de suspendre les mesures qui portent atteinte à la sécurité des travailleurs et de se tenir prêt à réactiver celles qui ont fait leurs preuves lors de la précédente crise énergétique, comme l’élargissement du tarif social de l’énergie.

Saut d’index: pas question de faire payer deux fois les travailleurs

Le front commun syndical (CSC, FGTB, CGSLB) rappelle son opposition ferme à l’introduction du saut d’index partiel décidé par le gouvernement fédéral. En plafonnant l’indexation des salaires et des allocations sociales, cette mesure va directement limiter le revenu disponible de nombreux travailleurs, travailleuses et pensionnés. Dans un contexte de hausse du coût de l’énergie, il s’agit d’un signal profondément négatif envers l’ensemble des ménages.

Si les employeurs tirent un avantage direct de ce plafonnement, il est dès lors légitime qu’une partie de ce gain soit réinjectée dans la sécurité sociale via ce que le gouvernement appelle une «cotisation de modération salariale». Alors qu’un saut d’index – même partiel - prive les pouvoirs publics de recettes fiscales et sociales, remettre en cause cette contribution, comme le demandent certains syndicats d’employeurs, reviendrait à affaiblir durablement le financement de notre sécurité sociale.

Le front commun syndical insiste: exonérer les employeurs de cette cotisation créerait un manque à gagner inacceptable pour la sécurité sociale, qui se traduirait in fine par une perte pour les travailleurs et travailleuses eux-mêmes, que ce soit en termes de prestations sociales, de pensions ou de soins de santé. Ne pas demander de cotisation de modération salariale aux employeurs signifie que le saut d’index partiel est à nouveau un cadeau que les employeurs pourraient mettre dans leur poche.

Pressions patronales

La CSC, la FGTB et la CGSLB appellent dès lors le gouvernement à ne pas céder aux pressions patronales. Depuis le début de la législature, l’exécutif affirme vouloir «valoriser le travail». Cela passe notamment par une augmentation des salaires mais aussi par la préservation d’une sécurité sociale forte et solidaire.

Les syndicats rappellent enfin que le gouvernement a confié aux interlocuteurs sociaux la tâche de travailler d’ici la fin 2026 à une réforme de la norme salariale et de l’indexation automatique des salaires. Il n’appartient dès lors pas au gouvernement de s’avancer sur la révision de mécanismes qui relèvent avant tout de la concertation sociale.

exonérer les employeurs de cette cotisation créerait un manque à gagner inacceptable pour la sécurité sociale, qui se traduirait in fine par une perte pour les travailleurs…


1. Le Voka, Vlaams netwerk voor ondernemingen, est une organisation d’employeurs flamands, NDLR.


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