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L'info n°0620/03/2026

«La BNB adhère trop facilement au discours de l’Arizona»

La CSC critique face au rapport annuel de la Banque nationale de Belgique.

David Morelli


«De manière générale, la BNB adhère trop facilement au discours du gouvernement Arizona, qui cible les travailleurs,
déclare Ann Vermorgen, présidente de la CSC. La réglementation est perçue de manière unilatérale comme un problème majeur. La durabilité n’a pas suffisamment de poids dans la balance. Les normes et accords internationaux, y compris les droits humains, ne sont pas pris en compte.»

Le rapport évoque un risque de surrèglementation mais pour Ann Vermorgen, la dérégulation constitue un problème potentiellement bien plus grave: «Un cadre réglementaire durable, ainsi que des marchés publics assortis de conditions sociales claires sont essentiels. La transition vers une industrie climatiquement neutre doit s’opérer de manière équitable afin que les travailleurs ne soient pas laissés pour compte.»

La CSC s’oppose aux réformes radicales de l’assurance chômage, du congé de maladie et des futures pensions, et les conteste lorsque c’est nécessaire. «Le Conseil d’État a officiellement confirmé ce que nous défendons depuis des mois à la table des négociations. La réforme des pensions n’est rien de moins qu’une casse sociale, discriminatoire et dépourvue de mesures transitoires réfléchies.»

En ce qui concerne le budget, la CSC insiste pour examiner les alternatives possibles en matière de recettes.


«La baisse des recettes constitue un problème et est sous-estimée. Entre le dernier monitoring du Bureau du Plan en juin 2024 et celui de février 2026, l’écart atteint pas moins de 1,8%, soit 11 milliards d’euros. Plutôt que des économies drastiques, la CSC privilégie un impôt adéquat sur la fortune et sur les plus-values, ce qui permettrait par ailleurs de réduire les charges sur le travail.»

Enfin, outre les grosses fortunes, la CSC considère qu’un grand nombre d’épaules solides participent encore trop peu à l’effort collectif. Au-delà d’un impôt sur la fortune (et les plus-values), il faudrait enfin instaurer une taxe numérique pour les géants de la tech, veiller à une contribution correcte des indépendants pour leur pension et repenser l’approche des sociétés de management. Si le gouvernement réduisait l’écart de TVA – la différence entre les recettes de TVA escomptées et le montant réellement perçu – de 11% à la moyenne européenne de 7%, cela générerait un gain d’efficacité colossal de 1,4 milliard d’euros.


Lire le dossier sur le budget alternatif de la CSC plus loin dans ce numéro.

Au-delà d’un impôt sur la fortune (et les plus-values), il faudrait enfin instaurer une taxe numérique pour les géants de la tech, veiller à une contribution correcte des indépendants pour leur pension et repenser l’approche des sociétés de management.


© Bart Dewaele