Les déclarations récentes de Jan Jambon et Bart De Wever traduisent une méconnaissance profonde de la réalité vécue par celles et ceux qui font tourner ce pays. Dire aux femmes qu’elles "n’ont qu’à travailler plus" pour compenser les effets d’une réforme injuste relève non seulement du mépris, mais nie des décennies de constats sur les carrières hachées, les temps partiels imposés et la surcharge du travail de soin. Quant à prétendre que la grève «n’impressionne pas», c’est oublier que si les travailleuses et travailleurs cessent le travail, c’est parce qu’ils ne sont plus écoutés.
Depuis le début de la législature, nous portons des revendications claires: une réforme des pensions juste, qui reconnaisse l’usure professionnelle, valorise les métiers essentiels, et tienne enfin compte de l’inégalité persistante des carrières féminines. Nous plaidons également pour une augmentation du revenu disponible des ménages. L’augmentation du prix de l’énergie qui s’abat sur la population rend cette exigence encore plus urgente. Nous demandons depuis le début une véritable concertation sociale, pas un simulacre où les décisions tombent d’en haut et où les organisations de travailleurs sont dénigrées lorsqu’elles osent contester.
Le rôle d’un gouvernement n’est pas d’infantiliser ni de culpabiliser la population active. Son rôle est de garantir que chacun et chacune puisse terminer sa carrière dans la dignité, en bonne santé, avec une pension décente. Si les responsables politiques persistent à ignorer ces réalités, ils ne doivent pas s’étonner que la mobilisation continue. Une grève ou une manifestation rassemblant 100.000 personne n’est pas un caprice: c’est un cri de colère pour que la situation change!
Marie-Hélène Ska, secrétaire générale
Une grève ou une manifestation rassemblant 100.000 personne n’est pas un caprice: c’est un cri de colère pour que la situation change!