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L'info n°0704/04/2025

«Nous souhaitons réengager des femmes dans les lignes de production»

L’équipe syndicale de Smurfit Kappa Cartomills espère voir de nouveau des ouvrières travailler sur le site de Ghlin en 2026.

David Morelli

Les clichés sur les femmes dans le milieu du travail entraînent des conséquences concrètes sur l’accès à certains emplois ou postes. L’idée qu’elles sont physiquement trop faibles pour assurer certaines tâches de production est tenace, et ses conséquences perdurent dans le temps. Il est en effet difficile de se défaire des habitudes d’engagement qui s’installent, et qui créent, sans malveillance consciente ou volontaire, de la discrimination. Aujourd’hui, l’absence totale d’ouvrières dans les lignes de production du site de production ghlinois de Smurfit Kappa Cartomills en constitue un exemple représentatif.

«Actuellement, nous sommes une entreprise dans laquelle il n’y a pas de soucis en matière de racisme et de discrimination, mais où il n’y a plus de travailleuses en production, constate Mirko De Gregorio, un des délégués de l’équipe syndicale de l’entreprise. Il y avait pourtant des femmes qui travaillaient en production lors de l’installation de l’entreprise à Ghlin en 1961. Mais au fur et à mesure du départ des ouvrières à la retraite, elles ont été remplacées par une main-d’œuvre exclusivement masculine, sans doute parce que l’on considérait que c’était un travail trop physique pour une femme. Aujourd’hui, avec l’évolution positive des technologies et des conditions de travail, cet argument n’est clairement plus de mise». Rien ne semble donc pouvoir s’opposer, évolution des mentalités aidant, à ce que des femmes puissent à nouveau être engagées.

Une attention bienveillante

Dans ce contexte, et suite à un séminaire organisé par les Femmes CSC, l’équipe syndicale de l’entreprise de production de papier et de carton a introduit, en juin 2024, une demande auprès de la direction pour réengager des femmes en production. «La direction n’a vu aucun inconvénient à notre demande, explique Mirko De Gregorio. Seul le budget qu’il faudra dédier à l’adaptation de l’infrastructure pour accueillir ces travailleuses, comme des vestiaires par exemple, diffère quelque peu la concrétisation du projet. J’espère que nous pourrons accueillir les premières ouvrières début 2026».

Néanmoins, l’arrivée de femmes dans cet univers devenu exclusivement masculin va devoir se préparer. «On a bien sûr prévu de communiquer sur le réengagement des femmes auprès des 130 ouvriers du site. On accueillera les premières ouvrières au même titre que n’importe quel nouveau travailleur qui arrive au sein d’une équipe, mais nous serons particulièrement attentifs à la manière dont se déroulera leur intégration. Elles feront l’objet d’une attention extrêmement bienveillante», conclut, confiant, le délégué CSC.

Mais au fur et à mesure du départ des ouvrières à la retraite, elles ont été remplacées par une main-d’œuvre exclusivement masculine, sans doute parce que l’on considérait que c’était un travail trop physique pour une femme.