La diversité est une réalité vécue harmonieusement par les travailleurs de la Manufacture belge des chocolats (ex-Godiva). Jacqueline, déléguée CSC, explique comment les mesures de vivre-ensemble y ont été mises en place avec son équipe syndicale.
Propos recueillis par David Morelli
L’équipe primée de la Manufacture belge des chocolats.
Ça fait 42 ans que je travaille ici et nous n’avons jamais connu de tels problèmes. Pourtant, c’est une société qui était moins multiculturelle dans le passé. On a assisté, en quelques années, à une importante évolution au niveau du personnel, de plus en plus diversifié sur le plan religieux et culturel. Actuellement, une large majorité des 130 ouvriers et ouvrières qui travaillent chez nous sont d’origine étrangère et, parmi eux, il y a un grand nombre de musulmans. Depuis de nombreuses années, l’équipe syndicale a pris des initiatives pour intégrer et renforcer cette mixité. Nous avons d’ailleurs déjà remporté un Award de la CSC Diversité en 2022.
Ces actions sont le fruit d’initiatives de la délégation et de demandes des travailleurs musulmans concernant, entre autres, la prise en considération de leurs fêtes religieuses dans le cadre des congés. Nous avons fait remonter ces demandes à la direction, qui les a tout de suite comprises et acceptées. Nous avons par exemple obtenu un congé de circoncision, alors qu’auparavant, un petit chômage existait uniquement pour des événements catholiques, comme les baptêmes. Autre exemple: durant le ramadan, les travailleurs musulmans mangent au coucher du soleil. Nous avons pu adapter les pauses et les équipes, de telle manière à ce que ces travailleurs puissent aller manger une fois le soleil couché. Pendant quasi toute la journée, ils ne prennent pas de pause et ils les regroupent au moment de la rupture du jeûne.
La direction a également accepté le port du foulard pour les travailleuses, et les prières sont tolérées: pendant les pauses, les ouvriers peuvent aller prier dans les vestiaires, dans le respect des pauses et des horaires de travail.
Les travailleurs musulmans, qui représentent près de 70% du personnel ouvrier, souhaiteraient pouvoir prendre congé le jour de la fin du ramadan. C’est un moment important pour eux, qui se fête en famille, comme nous fêtons la Noël. Le problème est que la fin du ramadan change d’une année à l’autre, en fonction du calendrier lunaire. Nous envisageons donc d’organiser un système de jours de de compensation qui leur permettra de prendre plus facilement ce jour de congé.
Les travailleurs sont très respectueux entre eux.
Nous n’avons jamais connu de racisme ici. Les travailleurs sont très respectueux entre eux. On est devenus comme une grande famille avec les collègues. En fin de ramadan par exemple, les travailleurs musulmans organisent un repas avec l’ensemble du personnel, toutes convictions confondues. Cette expérience très positive de la diversité est également inspirante pour les délégués d’autres entreprises lorsque nous les rencontrons lors de réunions.