Le dossier

L'info n°0703/04/2026

«ETS2 ne garantit pas la transition juste»

Pour la CSC, même accompagné d’un Fonds social pour le climat, le système ETS2 comporte de nombreux risques et ne garantit pas, à l’heure actuelle, la transition juste.

David Morelli

Parmi les éléments problématiques, la CSC pointe entre autres que les politiques de tarification du carbone sur le transport routier et la construction affectent proportionnellement plus les ménages à faibles et moyens revenus que les ménages à hauts revenus. Elle craint par ailleurs qu’un tel système n’ait qu’un effet limité en termes de réduction des émissions, ces deux secteurs étant résistants aux hausses des prix du carbone.

Elle pointe également le peu d’alternatives à la voiture en l’absence de transports publics efficaces et couvrant tout le territoire. En ce qui concerne le secteur du bâtiment, la CSC constate que «la difficulté de passer à un chauffage renouvelable est avérée». Les locataires ne sont pas poussés à isoler un bâtiment qui ne leur appartient pas, et les propriétaires de bâtiments en location ne sont pas incités à rénover énergétiquement un bâtiment dont ils ne paient pas les consommations d’énergie. Enfin, le mode de vie des plus aisés, extrêmement polluant, est très peu affecté par la fiscalité carbone, ce qui pose d’évidentes questions en matière d’acceptabilité politique d’une telle tarifi­cation.

La CSC demande l’établissement d’un fonds social pour le climat, financé de manière juste, beaucoup plus important, avec une redistribution réellement progressive des revenus générés, et la garantie d’une transition juste. Plus précisément, «les taxes climati­ques devraient servir à financer l’action sociale et climatique (…). Le critère de redistribution du nouveau système devrait assurer que les travailleurs et leurs foyers reçoivent plus du fonds que ce qu’ils ne paient.» Enfin, la CSC estime que ce fonds devrait également être utilisé pour promouvoir des emplois de haute qualité et des conditions de travail décentes.

Le mode de vie des plus aisés, extrêmement polluant, est très peu affecté par la fiscalité carbone, ce qui pose d’évidentes questions…

Réchauffement climatique: comment ça marche?

Le réchauffement climatique est intimement lié aux gaz à effet de serre (GES), qui ont la capacité d’amplifier le phénomène naturel d’effet de serre. L’activité humaine utilise des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz) en les brûlant. C’est cette combustion qui produit et émet les GES. L’atmosphère étant de plus en plus concentrée en GES, la chaleur du soleil a plus de mal à ressortir de la surface de la planète, provoquant une augmentation de la température globale.

Actuellement, les conséquences de l’activité humaine nous ont mené
à un réchauffement d’environ +1.1°C au niveau mondial. Certaines ré­­­gi­ons du globe sont plus atteintes que d’autres, comme la Belgique, qui enregistre une hausse de +1,9°C. Les conséquences: perturbations du cycle de l’eau, sécheresse, canicules, pollutions des sols, des eaux et de l’air, etc. Les émissions de GES étant responsables des dérèglements cli­matiques, une baisse de ces derniè­res s’impose. 

Face à ces enjeux, 195 États, dont l’UE, se sont engagés à maintenir l’élévation de la température de la planète «nettement en dessous» de 2°C et de poursuivre l’action menée pour limiter cette hausse à 1,5°C. L’UE a donc constitué en 2019 une feuille de route: le Green Deal. Son objectif principal: atteindre la neutralité climatique en 2050, avec un objectif intermédiaire de réduction de 55% les émissions de CO2 d’ici 2030.