L'essentiel icon

L'essentiel

L'info n°0109/01/2026

Des mois difficiles s’annoncent pour les travailleurs du Forem

Le Forem compte 4.800 travailleurs, répartis sur plus de 230 sites en Wallonie. Quelque 60 délégués CSC les soutiennent dans leur travail. Nathalie Lazzara, Agent Forem, chargée de mission pour l’Instance bassin enseignement qualifiant-formation-emploi, est l’une d’entre eux. Elle évoque la situation des travailleurs du service public de l’emploi et de la formation professionnelle en Wallonie dans le contexte de la réforme du marché de l’emploi.

Donatienne Coppieters

«Depuis plusieurs mois, les syndicats, le Forem et les CPAS informent les potentiels futurs exclus du chômage de leurs fins de droit aux allocations de chômage. L’inscription à une formation dans un métier en pénurie avant le 31 décembre 2025 permettant de prolonger les allocations de chômage, les séances d’information sur les formations attirent davantage de personnes. Mais cela présente le risque d’orientation précipitée vers des métiers qui ne leur conviennent pas. 

La charge émotionnelle des collègues en contact direct avec le public devient plus lourde: ils font face à la détresse et parfois à la violence d’un public en désarroi. En tant que déléguée syndicale, il est essentiel pour moi de veiller à leur bien-être. Les prochains mois s’annoncent difficiles car l’accompagnement devient plus ardu à mesure que le public s’appauvrit, se fragilise et se retrouve démuni. 

C’est d’autant plus vrai que l’accompagnement vers l’emploi repose aussi sur l’offre de services des autres opérateurs de formation et d’insertion - dont les syndicats - qui permettent d’accompagner des publics particulièrement éloignés de l’emploi. Aujourd’hui, cette offre est aussi visée par des coupes budgétaires importantes. Les craintes de disparition de certaines prises en charge sont réelles. 

De plus, les moyens alloués au Forem par le gouvernement wallon sont compressés. Mes collègues et moi-même craignons de ne plus pouvoir offrir un service de qualité, faute de moyens humains et matériels.»

Manque de temps

«Pour le moment, le focus est mis sur les métiers en pénurie, mais d’autres secteurs sont tout aussi porteurs. Quand les employeurs sont derrière et sont décidés à engager les personnes qui sortent de formation, en général, cela donne du résultat. Cependant, pour une personne qui est éloignée de l’emploi ou une personne qui doit se réorienter et se former, l’accompagnement prend du temps si on veut aller vers une insertion durable sur le marché du travail. Or, ce temps, nous ne l’avons plus en raison des nouvelles mesures liées à la durée des allocations de chômage.»

Les prochains mois s’annoncent difficiles car l’accompagnement devient plus ardu à mesure que le public s’appauvrit, se fragilise et se retrouve démuni.


© Mathieu Golinvaux