La mesure phare de la loi-programme, c’est la limitation dans le temps des allocations de chômage à deux ans maximum. À partir du 1er janvier 2026, l’exclusion du chômage après deux ans d’inactivé va débuter et provoquer un afflux important d’exclus vers les CPAS pour recevoir un revenu d’intégration. Les CPAS seront refinancés pour leur permettre de faire face à cet afflux. L’accueil des exclus du chômage a d’ailleurs été phasé.
David Morelli
Pour les chômeurs qui, au plus tard au 31 décembre 2025, suivent une formation menant à un métier en pénurie, la date de fin du droit pourra être, sous certaines conditions, reportée jusqu’à la fin de cette formation. Par la suite, seules les personnes suivant une formation dans les fonctions de soins critiques d’infirmier ou d’aide-soignant pourraient se voir accorder une dérogation. Pour les plus de 55 ans qui perdent leur emploi, il faudra justifier 30 ans de carrière. Les périodes assimilées (maladie, invalidité, accident du travail, etc.) seront comprises dans le calcul. Cette condition de carrière va augmenter d’un an chaque année jusqu’en 2030 (31 ans en 2026 jusque 35 ans en 2030). Les travailleurs des arts (mais évaluation des abus possibles), des ports et les pêcheurs de mer reconnus ainsi que les personnes en situation de handicap occupées dans une ETA ne sont pas soumis à cette limitation.
Concernant les allocations de chômage sur base d’un travail, on assiste à un durcissement en matière de durée mais aussi des conditions d'accès et des montants, qui étaient déjà particulièrement stricts. Pour obtenir un an d’allocations, il faudra avoir travaillé au moins 1 an (312 jours) au cours des 3 dernières années précédant la demande. Ensuite, chaque période de 4 mois supplémentaires travaillés donnera droit à un mois supplémentaire d’allocations. Une sortie progressive du régime pour les personnes concernées aura lieu à partir du 1er janvier 2026.
La dégressivité est accrue. Les allocations de chômage seront plus élevées durant les premiers 6 mois pour les revenus plus élevés, mais elles diminueront plus fortement à mesure que vous resterez au chômage. À partir de 13 mois, le forfait est appliqué. Durant les trois premiers mois de la première période d’indemnisation, le travailleur touchera un montant d’allocation de 65% de la rémunération prise en considération au début du chômage, avec plafond. Entre le 4e et le 12e mois, le montant sera porté à 60% mais, à partir du 7e mois, le plafond sera baissé. Un montant forfaitaire sera versé à partir de la seconde année, adaptée à la situation du chômeur.
L’avantage fiscal accordé en cas de chômage sera progressivement supprimé.
Les allocations d’insertion, octroyées aux jeunes qui sortent des études (sous conditions), sont limitées à un an, au lieu de 3 ans préalablement. Le stage d’insertion débute immédiatement à la fin des études et est raccourci de moitié (156 jours de stage d’attente sous condition d’avoir deux évaluations positives de la part du Forem/Actiris/VDAB en matière de preuve de recherche active d’un emploi, d’être titulaire d’un diplôme du secondaire supérieur ou d’avoir terminé une formation en alternance). La demande doit être faite avant 25 ans.
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Durant la nuit du 20 au 21 juillet, les partenaires du gouvernement, réunis en kern, sont tombés d’accord sur une série dispositions visant à réformer en profondeur le marché du travail. Voici les principales mesures.
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