Les employeurs doivent revenir à la table avec de meilleures propositions
La proposition des employeurs du secteur de l’industrie du pétrole a été largement rejetée par les travailleurs. Le secteur risque désormais de se retrouver dans l’impasse.
David Morelli
Des actions, voire une grève, pourraient suivre dans le secteur du pétrole.
En décembre dernier, après quatre jours de négociations, les pourparlers entre les interlocuteurs sociaux en vue de trouver un accord pour la période 2025-2026 dans le secteur de l’industrie du pétrole ont échoué. Les employeurs ont néanmoins remis leur proposition finale, qui a été soumise à consultation et au vote dans l’ensemble du secteur. Le 21 janvier, le résultat est tombé, sans appel: 95% des travailleurs – qui ont massivement participé au vote – ont rejeté cette proposition des employeurs.
Les trois syndicats, parmi lesquels la CSC Bâtiment – Industrie & Énergie (CSCBIE), estiment les propositions insuffisantes au regard de leurs revendications. En matière de pouvoir d’achat, les représentants des travailleurs veulent qu’une augmentation de deux euros du chèque-repas soit octroyée. Et pour les entreprises qui n’en octroient pas, une alternative équivalente doit être élaborée. «Le secteur réalise encore des bénéfices colossaux. Les travailleurs ne peuvent admettre que l’on n’octroie pas une augmentation de deux euros des chèques-repas», explique Marian Willekens, responsable sectorielle à la CSC Bâtiment – Industrie & Énergie (CSCBIE). Concernant les fins de carrière, la proposition des employeurs d’introduire un jour de congé lié à l’âge à 62 ans à titre supplétif lorsque l’entreprise n’en prévoit pas déjà, est, pour la responsable sectorielle «une mesure largement insuffisante. Cette proposition ne compense ni la disparition du RCC, ni les difficultés réelles rencontrées par les travailleurs et travailleuses en fin de parcours professionnel.» Enfin, l’absence d’une interdiction complète des flexi-jobs dans le secteur est également problématique: elle sape les conditions de salaire, met à mal la sécurité des travailleurs et contribue à fragiliser l’emploi.
Pour la CSCBIE, après un rejet aussi massif, il appartient aux employeurs de désamorcer la situation afin de rétablir la paix sociale. Les syndicats mettent en garde: les employeurs doivent revenir à la table avec de meilleures propositions, faute de quoi des actions, voire une grève, pourraient suivre dans le secteur.
Le secteur réalise encore des bénéfices colossaux. Les travailleurs ne peuvent admettre que l’on n’octroie pas une augmentation de deux euros des chèques-repas
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