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L'info n°0109/01/2026

Brésil Le sommet sur le climat ancre enfin la transition juste

Malgré une Cop30 aux résultats en demi-teinte, une étape cruciale a été franchie avec le ralliement des pays participants au Belem Action Mechanism.

Th. Vael & F. Vandamme (Adapt. D.Mo)


À Belém, des militants ont rappelé l’importance d’une transition juste.

La conférence internationale sur le climat (Cop 30), qui s’est tenue en novembre à Belém (Brésil), a laissé un sentiment mitigé. D’un côté, aucune véritable avancée n’a été enregistrée: les pays producteurs de pétrole et de gaz ont bloqué des accords ambitieux sur la sortie progressive des combustibles fossiles. De l’autre, un pas significatif a été franchi dans un domaine crucial pour les syndicats: la justice sociale dans la transition climatique.

Un signal fort

L’ensemble des pays participants se sont en effet ralliés au nouveau Belem Action Mechanism (BAM). Pour le mouvement syndical international, c’est une victoire majeure. Le BAM consacre pour la première fois, à ce niveau, le principe selon lequel la transition climatique doit être non seulement écologique, mais aussi équi­table.
Concrètement, le BAM contient des déclarations d’intention portant sur le travail décent et les emplois de qualité, la protection des travailleurs dans les secteurs en mutation, l’intégration obligatoire du dialogue social dans les politiques climatique et l’importance de la formation, des compétences et de l’accompagnement dans les transitions professionnelles. Que ces principes soient désormais reconnus au niveau international constitue un signal fort. «Une transition juste signifie que personne n’est laissé pour compte, explique Bart Van­netelbosch, secrétaire national de la CSC. Le BAM contraint les pays à placer la justice sociale au cœur de leur politique climatique. Sans travail décent, protection sociale ni respect des droits, la transition énergétique devient une source d’inégalités plutôt qu’un moteur de progrès.»

Le BAM contraint les pays à placer la justice sociale au cœur de leur politique climatique.

D’une promesse à une politique concrète

À ce stade, le BAM est surtout une série d’engagements. D’ici à la prochai­ne conférence internationale sur le climat, les pays devront transposer ces engagements en plans, mesures et financements concrets. La tâche est loin d’être aisée, car la transiti­on juste recouvre de nombreux domaines: droits du travail, protection sociale, formation, droits humains… Les lignes directrices de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur la transition juste en constituent la base.

Et la Belgique?

Notre pays devra lui aussi traduire le BAM dans sa politique nationale. Le précédent gouvernement avait posé quelques jalons, mais n’avait établi aucun véritable plan pour une transition climatique juste. La question centrale est désormais de savoir si le message clair de la Cop 30 donnera à nos nouveaux ministres l’élan nécessaire pour enfin mettre en œuvre une transition climatique socialement juste. Car une chose est sûre: une politique climatique qui néglige les travailleurs crée un nouveau problème au lieu d’apporter une solution. Le BAM offre au mouvement syndical un cadre international solide pour continuer à exiger une transition menée pleinement avec les travailleurs, et non sans eux.


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