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L'info n°0109/01/2026

Titres-services

Une réforme du subventionnement qui s’impose

Pour la CSC Alimentation et Services (A&S), un modèle plus
équitable et plus social pour le secteur des titres-services
est nécessaire et urgent.

D. Mo.

Plusieurs entreprises de titres-services augmenteront les frais administratifs pour les clients à partir du 1er janvier 2026, soi-disant par nécessité financière. Une analyse réalisée par la CSC A&S montre pourtant que les entreprises commerciales de titres-services ne connaissent aucun problème financier. Au contraire, elles affichent de solides performances financières avec, en 2024, une marge bénéficiaire globale supérieure à 3% et une excellente rentabilité1 (voir tableau).

Il y a toutefois lieu de s’inquiéter, pour la CSC A&S. En effet, son analyse montre un fossé croissant entre les entreprises de titres-services commerciales et celles à finalité sociale. Alors que les entreprises commerciales distribuent 72% de leurs bénéfices aux actionnaires (92% pour les quatre dernières années!), les entreprises sociales restent structurellement déficitaires et voient leur situation financière se dégrader. La raison? Leurs investissements plus importants dans la formation, l’encadrement et le bien-être des travailleurs. Les entreprises commerciales investissent deux fois moins dans la formation et l’encadrement. «Faire du profit n’est pas un problème en soi», esti­me Kris Vanautgaerden, secré­tai­re national de la CSC A&S. « Mais si ce profit se fait au détriment des conditions de travail des aides-ménagères, nous tirons la sonnette d’a­larme. »

1 sur 5

1 aide-ménagère sur 5 est en incapacité de travail de longue durée.

Réformer le système de subventionnement

La CSC A&S appelle à une réforme du système de subven­tionnement: les subsides publics ne peuvent plus être exclusivement basés sur le nom­bre de titres-services introduits. Une partie des fonds doit être obligatoirement affectée à la formation, au bien-être et à la faisabilité du travail, entre autres. Selon elle, c’est la seule manière de rémunérer correctement les entreprises sociales pour leurs efforts et d’encourager le secteur à investir dans l’emploi durable. Les besoins sont en effet criants: une aide-ménagère sur cinq est en incapacité de travail de longue durée (source: Securex), et moins d’une sur trois a un travail faisable (source: SERV). «Sans ajustement, les entreprises de titres-services à finalité sociale risquent de disparaître, et le marché sera dominé par un nombre limité de grands acteurs peu soucieux du bien-être», observe Kris Vanautgaerden, secrétaire national de la CSC A&S.

Besoin d’un système plus équitable

Constatant que la situation financière des entreprises à finalité sociale se dégrade rapidement, la CSC A&S demande aux décideurs politiques de s’atteler à l’élaboration d’un modèle plus équitable et plus social pour le secteur, avec la qualité de l’emploi comme critère central. «Faisabilité, bien-être, formation, san­té… Autant de facteurs essentiels dans un secteur créé il y a vingt ans pour intégrer sur le marché du travail des personnes éloignées de celui-ci. Les subsides publics doivent avant tout servir à atteindre ces objectifs, et non à rémunérer les actionnaires», conclut-elle.


1. La rentabilité reflète le rapport entre les bénéfices réalisés et les fonds propres.


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